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L’encyclique Laudato sí du pape François

L’encyclique Laudato sí du pape François

Pierre Tshisuaka, cicm

Le premier confrère en présence duquel j’ai évoqué l’annonce de la publication de l’encyclique Laudato sì se trouva au bout de son latin. Sans doute, par rapport au titre de l’encyclique. Il s’avère que, plutôt que du latin, le titre s’inspire du dialecte ombrien, dans lequel saint François d’Assise a rédigé au XIIIe siècle – 1225 - le Cantique de frère Soleil, encore appelé Cantique des créatures. Ce qui, traduit dans un italien classique, reviendrait à dire : « Laudato sia mio Signore » (Loué sois-tu mon Seigneur !). L’influence de saint François d’Assise sur le pape argentin est restée une constante source d’inspiration.

Prévue pour le 16 juin, définitivement publiée le 18, l’encyclique est pourtant signée par le pape le 24 mai, fête de la Pentecôte.  Laudato sí s’inscrit dans un contexte de la dramatique aggravation de la problématique climatique, du réchauffement de la terre et d’une menaçante accumulation des gaz à effet de serre, tous des phénomènes dont les conséquences sur l’écosystème se déclinent au jour le jour : l’aggravation de l’index de la qualité de l’air, l’accroissement depuis un siècle de l’ordre de 0.85 ° C de la température, l’augmentation d’innombrables et dangereux typhons et tornades, la survenue des tsunami dévastateurs, l’élévation du niveau de la mer, etc. Ce sont là autant de menaces qui pèsent sur « notre maison commune », notre planète, qu’il faut pourtant aménager et protéger, pour être transmise aux générations futures dans un état habitable et viable.

La responsabilité de l’homme

Depuis deux siècles, d’importantes découvertes scientifiques ont considérablement amélioré le lot des humains. Quelle valeur aurait la civilisation moderne, sans la série de découvertes qui ont démontré des ambitions prométhéennes de l’homme ? Qu’il suffise de mentionner la machine à vapeur, le pétrole, l’électricité, le gaz, le train, l’avion, le télégraphe, l’informatique et ses conquérantes applications digitales, la robotique, l’établissement par Dmitri Mendeleïev du tableau périodique des éléments chimiques et l’exploitation massive de ces derniers par des industries chimiques, les conquêtes médicales qui ont allongé la durée moyenne de la vie humaine, les biotechnologies, les nanotechnologies, etc. (n°102).

Ces merveilleuses inventions se sont pourtant accompagnées du payement d’une forte rançon aux dépens de l’équilibre écologique global d’où l’incessant appel du pape à « une conversion écologique intégrale»  (nn°216, 217, 219-220).

Une première dans la série d’encycliques sociales

La publication des encycliques sociales a souvent représenté une réaction forte et pertinente du Magistère officiel de l’Église face à une grave crise d’une époque. C’est ainsi que Rerum novarum (1891) du pape Léon XIII (1810-1903) constituait une première réponse face au branle-bas provoqué par la publication du Manifeste du parti communiste (1844) de K. Marx et F. Engel, qui prétendaient proposer une solution scientifique à la question ouvrière du XIXe siècle. Rerum novarum instaurait un point de départ d’une tradition enrichie par les papes à venir.

Le Quadragesimo anno (1931) de Pie XI (1857-1939) célébrait le quarantième anniversaire de la première encyclique sociale, dans un contexte où l’économie mondiale peinait à se remettre des retombées de la crise de Wall Street (1929) et devant la montée des mouvements totalitaires : le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne et le communisme dans l’Ex-URSS.

 Aux maux spécifiques, des réponses coordonnées. Pie XI fit preuve d’un courage apostolique exemplaire face au fascisme, par la publication de la lettre Non abbiamo bisogno (1931) où il remettait en question les prétentions de Mussolini à se substituer à l’Église dans son rôle de maîtresse de la jeunesse. Il affronta ensuite le nazisme par la publication de l’encyclique Mit brennender zorge (1937), où il fustigeait l’idéologie du parti national-socialiste allemand, notamment, l’incohérence de sa divinisation de la race, de la nation et du Chef, avec la révélation chrétienne.

Pie XI s’en prit, enfin, à la malice du communisme dans Divini redemptoris (1937), où le communisme athée fut traité d’ « intrinsèquement pervers ». Autant Pie XI fut un prophète intrépide face au totalitarisme, autant son successeur, Pie XII (1876-1958), était marqué par sa formation de diplomate à l’Académie pontificale.

L’option pour des maux mineurs pour prévenir des maux majeurs faisant partie intégrante de cette approche, Pie XII privilégiait les voies de négociations menées en sous-main avec le Troisième Reich, s’évertuant ainsi d’épargner le tranchant de franches condamnations d’un régime dictatorial doté d’une indéniable puissance de nuisance à l’Église catholique en Allemagne.

L’essentiel du message social du pape Pie XII se traduisit dans les lettres apostoliques aux Sages-femmes et ses ponctuels Radio-messages qui reflétaient l’évolution de la pensée ecclésiale face aux naissantes préoccupations médicales.

Devant la menace de l’apocalypse nucléaire que faisait présager la crise de la Baie de cochon à Cuba, entre les États-Unis et l’ex-URSS depuis mi-1961, le pape saint Jean XXIII (1881-1963) publia Pacem in terris (1962). Face au retard marqué par l’Église pour adhérer à la philosophie des droits de l’homme, dont les racines sont pourtant intrinsèques à la révélation biblique, à l’Evangile et au déploiement spatio-temporel de l’Église (Les séquelles de la Révolution française ont laissé des douloureuses traces), saint Jean XXIII prouva dans Mater et Magistra que l’Église était maîtresse de la dignité imprescriptible de l’homme et des droits humains bien compris.

Qu’il s’agisse de documents britanniques - la Magna charta (1215) ou du « Bill of rights » (1689) -, de la Déclaration de l’indépendance américaine (1776), de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de la Révolution française (1789), de la « Déclaration universelle des droits de l’homme » des Nations unies (1948), ou encore, de la série de déclarations subséquentes qui, toutes, cristallisent une sérieuse prise de conscience par l’homme de sa responsabilité face à la société et à la nature, les valeurs inoxydables contenues dans ces textes reflètent l’humus de l’Evangile, dont ces déclarations font office des commentaires frappés au coin d’un consensus universel.

Dans le sillage des désillusions de l’indépendantisme, le pape Paul VI persuadait, dans Populorum progressio (1967), les anciens colonisateurs de veiller au devoir moral de collaborer au développement de leurs anciennes colonies. Avec la publication d’Humanae vitae, dans un contexte bien plus que complexe, où l’opinion de la Commission minoritaire emporta l’ordre du jour sur le travail de la Commission majoritaire.

En outre décontenancé par la conscience grandissante de la maîtrise par la femme du mécanisme de son cycle, par des moyens soit naturels, soit mécaniques, soit chimiques, Paul VI décida la mort dans l’âme la préférence marquée de l’Église pour des options respectueuses du cycle naturel et de la paternité responsable.

Le pape saint Jean Paul II (1920-2005) a publié nombre d’encycliques sociales : Laborem exercens (1981), Sollicitudo rei socialis (1987) et Centesimus annus (1991),  son chef-d’œuvre en la matière. Publiée à l’occasion du centenaire de Rerum novarum, Centesimus annus créa une vague d’acclamations positives dans le monde entier, pour l’équilibre manifesté dans l’appréciation critique des mouvements socio-politiques et économiques du dernier siècle, qu’il s’agisse du capitalisme, du marxisme ou du communisme athée.

Avec Caritas in veritate (2009), le pape émérite Benoît XVI (1927-) ferme la boucle trilogique de son enseignement sur les vertus théologiques précédée par Deus caritas est (2006) et Spe salvi (2007), mais la boucle est imparfaite. Le pape Benoît XVI, au lieu de traiter de la foi, porta son dévolu sur la doctrine sociale.

Le développement intégral humain et la mise en garde contre les abus de la technique, l’appel à la collaboration rationnelle entre l’homme et son environnement sont déjà signalés dans Caritas in veritate.

L’encyclique sociale du pape émérite Benoît XVI n’entre pas dans le cadre d’un écrit répondant à un défi social majeur d’une époque.  Il s’agit du parachèvement du travail d’un théologien aguerri, dont les préoccupations intellectuelles ont le plus souvent visé à relever le défi d’assurer une coopération réconciliée entre la foi et la raison.

L’écho de Fides et ratio est perceptible dans Laudato sì par la reprise des concepts de « gratitude et de gratuité » (n°220), qui doivent agir en sous-main de la charité, comme l’unique levier à même de guider l’humanité vers une solidarité fraternelle et universelle, ou encore, dans les mots de saint Jean-Paul II, vers « une civilisation de l’amour ». Par l’évocation du « respect de la foi envers la raison » (n°132), le pape François rend un écho à une thématique chère au pape Benoît XVI.

Dans les écrits de derniers papes, l’écologie a connu un traitement plutôt tangentiel. Elle affleure partiellement, on dirait, par les détours d’un paragraphe, d’un discours, que ce soit chez le pape saint Jean Paul II ou  le pape émérite Benoît XVI. Laudato sí a l’honneur d’être la première encyclique sociale totalement dédiée à la problématique écologique. Elle établit un constat accablant : « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles » (n°53). 

Ensuite, une enfilade de causes à l’origine desquels se situe principalement la responsabilité du facteur humain est évoquée : « une utilisation intensive des combustibles fossiles » (n°23), « le marché sans règle » (n°210), « le mécanisme consumériste compulsif » (n°203), « le paradigme technocratique » prédominant, « l’absence de mécanismes sévères de réglementation » (n°174), « la culture du déchet » (nn°16, 20, 22, 43), l’individualisme, « une joyeuse irresponsabilité » (n°59), le « pragmatisme utilitariste » (n°215), etc. 

Le pape François professe pourtant un indéniable optimisme anthropologique et croit dans la capacité de régénération de l’être humain, qu’il invite à « ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever » (n°205). Cette lettre invite à « la citoyenneté écologique »  (n°211), qui se soucie autant de la justice écologique intra-générationnelle que de celle inter-générationnelle. Il s’agit de rendre notre terre humainement et sainement habitable, tout en veillant à la bonne transmission de ce bien commun aux générations futures.

La mécanique interne

« Tout est lié » est une ritournelle qui revient neuf fois dans Laudato sí. L’expression traduit la lame de fond en dehors de laquelle le projet du pape dans cet écrit devient insaisissable. Les hommes sont créés par Dieu qui leur a fait don de la création. Liés les uns aux autres, les hommes sont aussi intimement liés à la création et à Dieu. Cette interdépendance invite à mûrir une spiritualité de la solidarité globale, qui « jaillit du mystère de la Trinité » (n°239).

La mission donnée à l’homme de dominer la création ne peut se réaliser aux dépens « de vérités objectives et de principes solides » (n°123), et de liens éthiques sous-jacents à la finalité assignée à l’homme et à la marche de la création tout entière. Bref, dit le pape François, « on ne peut pas envisager une relation avec l’environnement isolée de la relation avec les autres personnes et avec Dieu »  (n°119).

Un très éclairant constat qu’établit le pape touche la prédominance du paradigme technocratique et techno-économique à l’œuvre dans les organismes économiques internationaux qui étouffent l’initiative chez les pauvres et imposent des diktats aux États nationaux. « La politique ne doit pas, enjoint le pape, se soumettre à l’économie et celle-ci ne doit pas se soumettre aux diktats ni au paradigme d’efficacité de la technocratie. Aujourd’hui, en pensant au bien commun, nous avons impérieusement besoin que la politique et l’économie, en dialogue, se mettent résolument au service de la vie, spécialement de la vie humaine » (n°189).

De la révélation chrétienne et de l’apport patristique au  Compendium de la doctrine sociale de l’Église, en passant par des encycliques sociales, le pape François rafraîchit la mémoire chrétienne sur les acquis essentiels de la doctrine sociale de l’Église - le principe du bien commun, la destination universelle des biens, la négation du caractère absolu de la propriété privée, le principe de subsidiarité, l’appel à la solidarité, etc. – auxquels il ajoute « la citoyenneté écologique ».

Le constat récurrent touche la manière dont la politique et l’économie sont dominées par le paradigme technocratique aux dépens du bien commun et des normes éthiques. À ce propos, il y a une conversion à faire : la politique, l’économie et les fonctionnements des organisations internationales et de grandes puissances, doivent se soumettre à une loi éthique visant le bien commun de l’humanité et de l’environnement. À tous les niveaux - famille, école, institutions publiques ou privées, Église, séminaire et communautés religieuses – s’impose la nécessité d’une initiation à la « culture écologique intégrale » (Extrait de Pierre Tshisuaka Kamuasayi, « L’encyclique ‘Laudato sí’ du pape François. À brûle-pourpoint !”, Scheut, 2015).


Pope Francis’ Encyclical Laudato sí

Pierre Tshisuaka, cicm

The first confrere I announced to the forthcoming publication of Laudato sí, lost his Latin. Relatively, of cause, to the title of this Encyclical Letter of Pope Francis. Laudato sí is not a Latin title, but a portion of The Canticle of the Sun, known also as The canticle of the Creation, written in the Umbrian version of the Italian language by Saint Francis of Assisi in 1225.

This first letter on the issue of climate change, ever written by the official Church’s Magisterium, finds its sense in a context of the aggravated global warming and the accumulation of the greenhouse gas effects, with unprecedented consequences on our ecosystem: aggravation of air quality index, the increase by 1.53 °F of the earth temperature, the frequent experience of devastating typhoons, tornados, tsunamis, the rising of the sea level, and so forth. These are but some effects of the degradation of the environment, a gift received from the Creator, which we are nonetheless called to use, to protect and transmit in a viable way to future generations.

Human responsibility in the disaster

Important scientific discoveries have considerably improved the human life conditions, for about two centuries now. How would have looked like our contemporary civilization, without the demonstrated promethean man’s ambitions and achievements?  It might suffice to mention, among other things, the discoveries like the steam engines, petroleum, electricity, gas, airplanes, trains, the telegraph, the automatic information technologies and its gigantic digital applications, the robotics, the establishment of the Mendeleiev’s Periodic Table and the massive industrial exploitation, through chemical industries, the tremendous medical advances which have notably increased the average man’s life span, the biotechnologies, nanotechnologies, and so forth (n°102).
As a consequence of these wonderful conquests, a high ransom had to be paid, at the expense of the global ecological balance. It is for this reason that Pope Francis’ calls for an “integral ecological conversion” (nn°216, 217, 219-220).

The first encyclical on ecology

The publication of social encyclicals has often played the role of a pertinent Church’s Magisterium reaction to a grave and critical situation of the time. Leo XIII’s (1810-1903) Rerum novarum (1891) initiated thus the first response to the social disturbances brought about by the publication of The Communist Manifesto, written in 1844 by Karl Marx and Friederich Engels, who both pretended to resolve the nineteenth century urgent working class problem, through resorting to violent methods (class strugle). Rerum Novarum set up a starting point of an ecclesial tradition that will be followed throughout the ages to come.

The Quadragesimo anno (1931) of Pius XI (1857-1939) was written on the occasion of the forty-first anniversary of the Rerum Novarum, in a context where the whole world was caught up in the Wall Street crisis after-effects (1929) and engulfed at the same time in the rising of totalitarian States, such as, fascism in Italy, nazism in Germany and communism in the ex-USSR.

To deal with specific evils, coordinated responses must be put in place. Therefore, Pius XI demonstrated an exemplary apostolic courage in denouncing fascism. Through the publication of Non abbiamo bisogno (1931), he challenged fascist regime pretentions to take the education of the youth away from the Church, while instilling at the same time in the young people the ideologies of the divinization of the race and of the authority. With the publication of Mit brennender zorge (1937), Pius XI tackled as well the national-socialist party ideology. In this encyclical, Pius XI courageously lambasted the nazi ideology, exposing the incoherence of the divinization of race, nation and its leadership, with the Christian revelation teaching.

In Divini redemptoris (1937) Pius XI denounced the mischievousness of the atheist communist ideology, he described as “intrinsically perverse”. Eugenio Pacelli (Pius XII, 1876-1958) succeeded to Pius XI.

Opting for the minor evils in order to prevent major evils seemed to be an infrangible principle of a diplomat’s formation. No surprise then that Pius XII gave preference to secret diplomatic negotiations with the third Reich authorities, instead of voicing straightforward denunciations. It was therefore wiser to preserve the German Catholic Church resources against possible destruction from the powerful third Reich authority.

Furthermore, Pius XII made himself known through numerous letters addressed to Midwives, and his Christmas Radio-messages, which made the point on the evolution of the Church thinking in dealing with medical issues of the day.

In face of the threat of the nuclear apocalypse foreshadowed by the Bay of Pigs invasion, Pope Saint John XXIII (1881-1963) published Pacem in terris (1962). Whereas the Church lagged behind, with regard to the progress the trends of human rights declarations, the roots of which are however inherent to the Christian Revelation and the evangelization work, Saint John XXIII, through the publication of Mater et magistra, showed clearly that the well understood human rights are part and parcel of the Gospel, and the Church remains the teacher par excellence of these rights, in virtue of her God-given mission.

The Church loathing of any revolutionary agenda is due mostly to the bloody image left by the French Revolution on mind of Church’s officials. Whether we deal with the British Magna Charta (1215) and the Bill of Rights (1689), or with the United States Declaration of Independence (1776), or with the French Revolution “Declaration of the rights of Man and of the Citizen” (1789), or with the United Nations Universal Declaration of the Human Rights (1948), or with the series of other subsequently published Declarations, which crystallize the awakening of the conscience of man’s co-responsibility in front of society, of one’s neighbour and in front of the nature, the permanent values enshrined in these texts pertain to the core message and teaching of the Gospel, for which these Declarations function as precious comments enriched further by a universal consensus.

Faced with the disillusions instilled in people, in the aftermaths of independence, Paul VI advised former colonizers, through Populorum progressio (1967), to see to it that a helping hand be given for the development of their former colonies. With Humanae vitae (1968), published in a very complex context, where the opinion of the Minority Commission, at loggerheads with the Majority Commission’s opinion, won the day.

Furthermore, disconcerted by the growing knowledge by women and the mastery over their cycle through natural, mechanic or chemical means, Paul VI decided on the Church preference for the use of natural means of birth control and the exercise of a responsible parenthood.

Pope Saint John Paul II (1920-2005) published a number of social Encyclicals, among others, Laborem exercens (1981), Sollicitudo rei socialis (1987), and Centesimus annus (1991), his masterpiece in the field. Published on the hundredth anniversary of the Rerum Novarum, Centesimus annus received a very positive response all around the world, for the balance in its critical appreciation of the socio-political and economic movements of the last century: capitalism, Marxism and atheistic communism.

With Caritas in veritate (2009), the Emeritus Pope Benedict XVI (1927-)closed his trilogical loop on theological virtues. Preceded by Deus caritas est (2006) and Spe salvi (2007), Caritas in veritas closes imperfectly this theological virtues loop. Because, instead of treating the topic of faith, this letter functions essentially as a social Encyclical and, as such, does not finish with the theme of faith, as a logically expected treaty.

In this publication, Benedict XVI does not arise to a major challenge of our time. It is rather the achievement of a theological work of a seasoned theologian, whose intellectual preoccupation was about presenting the right balance for the cooperation between faith and reason.

John Paul II’s Fides et ratio (1998) was the first encyclical ever to come to grips with the problem of the relationship between faith and reason. And the traces of Fides et ratio are perceptible in Laudato sí. The insistence on the concepts of “gratefulness and gratuity” (n°220), called to act in the background in the mission of guiding humanity towards brotherly and universal solidarity or, according to the words of Saint John Paul II, towards “the civilization of love”, bears witness to this fact. By evoking “the respect owed by faith to reason” (n°132) Pope Francis echoes again a theme dear to the Emeritus Pope Benedict XVI.

In the writings Saint John Paul II or his successor, Benedict XVI, the theme of ecology got a rather peripheral treatment. Laudato sí gets the honor of being the first Encyclical entirely consecrated to this subject matter. Pope Francis establishes an overwhelming  and humbling observation : “Never have we so hurt and mistreated our common home as we have in the last two hundred years” (n°53).

Then, he goes on to set up a series of causes at the origin of which the human responsibility is pointed out : “the intensive use of fossil fuels” (n°23), the “unregulated markets” (n°210), the “compulsive consumerism” (n°203), the predominance of “technocratic paradigm”, the “lack of mechanism of strict regulations” (n°174), “ the throwaway culture” (nn°16, 20, 22, 43), individualism, “a cheerful recklessness” (n°59), “self-interested pragmatism” (n°215), all “the modern  myths” of infinite progress, etc.

Despite this negative picture on man’s behavior, Pope Francis proclaims yet an undeniable anthropological optimism as he professes man’s self-regeneration capacity. Hence his “appeal to everyone throughout the world not to forget this dignity which is ours. No one has the right to take it from us” (n°205). Laudato sí appeals furthermore to “ecological citizenship” (n°211) which cares for the intra-generational as well as for intergenerational ecological justice. In making of the earth a place humanly wholesome, we should make sure that it will be passed on to future generations in a viable and sustainable state.

The internal mechanism

“Everything is interconnected” is an expression that comes back nine times in the Encyclical’s French version. The same reckoning should hold for the encyclical’s English text. That’s not the case. The translator’s freedom provides us with two renderings of the same expression. Both “everything is interconnected” and “everything is interrelated” occur respectively five and three times in the English version! 

In any case, the inter-linkedness pattern reflects in this text Pope Francis’ bottom line thinking outside of which his entire project becomes elusive. In fact, human beings are created by God, who granted them the precious gift of creation. Linked to other human beings, peoples are linked to God as well and to the entire creation. This essential inter-linkedness calls out for a spirituality of global solidarity, which is rooted in the mystery of the Holy Trinity (n°239).

The mission given to human beings to dominate over the creation, cannot be carried out in disregard of the creation or at the expense of “the objective truth and universally valid principles” (n°123) or of the ethical obligations inherent to human beings ultimate finality and that of the creation. In short, as Pope Francis puts it, “our relationship with the environment can never be isolated from our relationship with others and with God” (n°119).

An illuminating remark made by the Pope has got to do with the predominance of the technocratic paradigm and the techno-economic paradigms, perceptible in the inner working mechanisms of international economic enterprises and organizations, which stifle the initiatives taken by the poor and trample national States sovereignty. “Politics, insists Pope Francis, must not be subject to the economy, nor should the economy be subject to the dictates of an efficiency-driven paradigm of technocracy” (n°189).

From the biblical revelation and Church Fathers teaching to the Compendium of the Social Doctrine of the Church, through the whole range of social Encyclicals, Pope Francis makes it a point to refresh the Christian memory on the essential acquisitions of the Social Doctrine of the Church: the principle of common good, the universal destination of the goods of the creation, the affirmation of the non-absolute character of private property, the principle of subsidiarity, the principle of solidarity, etc. Pope Francis’ novelty resides however in the call to “ecological citizenship”.

Pope Francis keeps coming back to pointing out the way politics and economics are dominated by the technocratic paradigm at the expense of the common good and the ethical rules. There is a call for conversion to be made here: politics, economics et inner functioning of international organizations and great powers should submit to ethical law governing the common good of humanity and environment. At all levels – in the families, in the schools, in public and private institutions, in the Church, Seminaries or Religious communities, must prevail the necessity to convert to “the integral ecological culture” (Excerpt from Pierre Tshisuaka Kamuasayi, “The Encyclical of Pope Francis ‘Laudato sí’. At point blank!”, Scheut, 2015).


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