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Daniël Lodrioor

Daniël Lodrioor (19 34-2020)  [English text below]

Max, Le père Daniël Lodrioor était le neuvième d'une famille de douze enfants. Il était très heureux dans une si grande famille et il était toujours choyé pars ses frères et sœurs pour son caractère agréable et son air joyeux. Il avait de très bons contacts avec son frère et ami Gérard qui, comme lui, aimait et jouait au football. C'est pourquoi, pendant sa jeunesse et quand il était au collège, il organisait des matches de football pour les enfants abandonnés, qui ne savaient pas aller à l’école, ... À 26 ans, Gérard décède des suites d’un accident de voiture : une douleur indescriptible pour Daniël. Alors que ses frères et sœurs choisissaient de faire carrière dans différents domaines de la vie, Daniël, lui, depuis sa jeunesse, voulait être missionnaire et aller à Scheut.

Pour moi, africain, Daniël n'est pas un étranger. Il est arrivé au Congo, et plus précisément à Beronge, ma paroisse d'origine, alors que je n'étais pas encore né. Il m'a vu naître et grandir. C'est à lui que, pour la première fois, j'avais exprimé mon désir de devenir missionnaire Scheutiste. Je le vois encore assis dans son fauteuil, une tasse de café à la main, me répondre : “Nico, liboso, esengeli ozua diplôme d'État na yo, na nsima tokotala” (Nico, dans un premier temps, décroche d'abord ton diplôme d'État, et après on verra, on en reparlera). Deux ans plus tard, c'est le père Antos (Antoon Tanghe), alors curé de la paroisse, qui m'enverra au Noviciat cicm de Mbudi, à Kinshasa.


C'est au Lac Mai-Ndombe, diocèse d'Inongo, que Daniël passera toute sa vie missionnaire. Celle-ci le conduira à Inongo, Lokolama, Beronge, Kiri, Ibamba et Penzua. Ces paroisses se situent dans une région enclavée et difficile d'accès. À peine arrivé en terre de mission, il connaîtra un grave accident de moto à Inongo. Évacué en Belgique pour des soins appropriés, la rumeur se répandit qu’on ne le reverrait plus, oubliant ainsi la volonté de Dieu, la détermination et la bravoure de son serviteur.


Il m'est difficile de résumer sa vie missionnaire. Mais si j'ose la résumer, je partirai de la réponse à son “losako”. Le “losako” est une salutation solennelle de l'ethnie Mongo dont font partie les Ekonda, en République Démocratique du Congo. Elle n'est adressée qu'aux plus âgés. Et la réponse à cette salutation est généralement un proverbe qui donne une leçon morale. À chaque fois qu'on le saluait : “Sango, losako !” (Père, bonjour), sa réponse était : “Bongisa balabala” (entretiens, construis des routes) ! Un impératif ! C'est la raison pour laquelle, en signe d'affection, ses paroissiens l’appelaient : “Sango balabala” ; lisez : le “père route”, et comprenez : le père qui entretient et construit des routes. Parce qu'il était dynamique, joyeux et avait un esprit ouvert, en signe d'affection, on l'appelait aussi “Loondo” (jeune homme) ! Daniël a donc passé toute sa vie missionnaire chez les Ekonda.


L’apostolat de Daniël était celui de développement, de tout homme et tout l'homme. Le développement d'un peuple commence par son instruction et aussi et surtout par la construction des voies de communication, ne cessait-il de nous dire. Daniël prêchait non seulement par la parole, mais aussi par les actes. Partout où il était passé, il avait construit non seulement des chapelles, des églises, mais aussi des écoles, des dispensaires et des ROUTES. Depuis des années, il s'était aussi évertué à l'élagage des arbres au bord de la rivière Lutoy, entre Ireko et Kiri, deux paroisses scheutistes, pour l'écoulement fluide des marchandises. Je ne saurais ici dénombrer les ponts qu'il avait construits sur la route marécageuse et traversée par ruisseaux et rivières entre Beronge-Kiri-Penzua. Une façon pour lui de désenclaver la région, prémices d'un développement durable !


Daniël aimait la vie. Il partageait beaucoup ! Il était sensible à la souffrance. Il ne voulait pas voir quelqu'un dans la peine. La joie de ses paroissiens était sa joie. Il aimait les gens. Que de souvenirs ! Que retenir donc de lui ? Daniël a été pour ses paroissiens non seulement un pasteur qui a su conduire ses brebis aux pâturages dans les conditions les plus difficiles, mais également l'homme qui s'est employé à ouvrir les Ekonda, enclavés, au monde moderne par l'entretien des voies de communication. Il a consumé sa vie à parcourir nos forêts pour crier Jésus-Christ, écrit Mr l'abbé André Mongo, prêtre du diocèse d'Inongo et premier originaire de la paroisse de Beronge.


Daniël s'est dépensé à alléger la souffrance d'une population qui avait difficile d’accès aux produits de première nécessité, vu son état d'enclavement. Grâce à lui, cette population ne pouvait manquer de savon, de hameçons pour la pêche, de pétrole pour leur lampe à pétrole, de sel, de friperies, de pièces de rechange pour vélo, … Il a réussi à insuffler à cette population l'esprit de sa propre “prise en charge”, en créant une coopérative, surtout à l’époque où le café était considéré comme l'or noir.


Parce qu'il aimait la vie, il aimait aussi les loisirs. En Mission, Daniël n'avait pas oublié la jeunesse. C'est ainsi qu'on l'a vu mouiller le maillot en jouant au football avec les jeunes de différents villages grâce aux tournois qu'il organisait dans la contrée. Plusieurs fois, il organisait aussi des soirées footballistiques au cours desquelles un film était projeté pour nous apprendre à bien jouer au football. C'était un amoureux de football !

En somme, Daniël fut un grand et vaillant missionnaire ! Pour nous les Ekonda, c'est un baobab qui est tombé. Il prêchait la Bonne Nouvelle du Christ non seulement en paroles, mais aussi en vérité : “Bomba bomba, mabe ! (La vérité affranchit !), disait-il ! Il avait mis en pratique cette parole du Christ : “Toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait” (Mt 25, 40). Encore aujourd'hui, ses œuvres missionnaires parlent, et notamment à Beronge, Ibamba, Kiri et Penzua. Un vrai témoignage d’amour ! Daniël est passé de ce monde à son Père le jour saint de l'Ascension, tout un symbole ! Après avoir accompli avec amour, générosité, courage et détermination sa mission parmi nous, le Seigneur l'appelle et l’entraîne avec lui dans sa gloire : “Serviteur bon et fidèle, viens te réjouir avec moi” (Mt 25, 21). ■ 
 Par  Nicolas Lokula Lukulo



Daniël Lodrioor (19 34-2020)


Father Daniël Lodrioor was the ninth in a family of twelve children. He was very happy in such a big family and he was always pampered by his brothers and sisters for his pleasant character and cheerful air. He had very good contacts with his brother and friend Gerard who, like him, loved and played football. That is why, during his youth and when he was at school, he organized football matches for abandoned children who did not know how to go to school, ... At the age of 26, Gerard died in a car accident: an indescribable pain for Daniël. While his brothers and sisters were choosing a career in different areas of life, Daniël wanted to be a missionary and go to Scheut since his youth.


For me, an African, Daniël is no stranger. He arrived in the Congo, and more precisely in Beronge, my home parish, when I was not yet born. He saw me being born and growing up. It was to him that, for the first time, I expressed my desire to become a Scheutist missionary. I can still see him sitting in his armchair with a cup of coffee in his hand and answering me: "Nico, liboso, esengeli ozua state diploma na yo, na nsima tokotala" (Nico, first of all, get your state diploma, then we'll see, we will talk about it again). Two years later, it was Father Antos (Antoon Tanghe), then parish priest, who sent me to the CICM Novitiate in Mbudi, Kinshasa.

It is at Lake Mai-Ndombe, diocese of Inongo, that Daniël will spend his entire missionary life. This will lead him to Inongo, Lokolama, Beronge, Kiri, Ibamba and Penzua. These parishes are located in a landlocked region that is difficult to access. As soon as he arrived in the mission area, he had a serious motorcycle accident in Inongo. Evacuated to Belgium for proper care, the rumor spread that he would not be seen again, forgetting God's will, the determination and bravery of his servant.


It is difficult for me to sum up his missionary life. But if I dare to summarize it, I will start from the answer to his "losako". The "losako" is a solemn greeting from the Mongo ethnic group, which includes the Ekonda, in the Democratic Republic of Congo. It is addressed only to the elderly. And the answer to this greeting is usually a proverb that gives a moral lesson. Every time he was greeted: "Sango, losako!” (Father, hello), his answer was: "Bongisa balabala" (repair and build the road)! An imperative! That's why, as a sign of affection, his parishioners called him: "Sango balabala"; read: the "road father” and understand: the father who repairs and builds roads. Because he was dynamic, joyful and open-minded, he was also called "Loondo" (young man) as a sign of affection! Daniël therefore spent his entire missionary life with the Ekonda.


Daniël's apostolate was that of development, of every man and all man. The development of a people begins with its instruction and also and above all with the building of the ways of communication, he never ceased to tell us. Daniël preached not only by word, but also by deed. Wherever he had gone, he had built not only chapels and churches, but also schools, dispensaries and ROADS. For years he had also been busy pruning trees on the Lutoy River between Ireko and Kiri, two Scheutist parishes, for the smooth flow of goods. I could not count here the bridges he had built on the swampy road and crossed by streams and rivers between Beronge-Kiri-Penzua. A way for him to open up the region, the first steps towards sustainable development!
Daniël loved life. He shared a lot! He was sensitive to suffering. He didn't want to see anyone in pain. The joy of his parishioners was his joy. He loved people. So many memories. What to remember from him? Daniël was for his parishioners not only a shepherd who knew how to lead his sheep to the pastures in the most difficult conditions, but also the man who worked to open the Ekonda, landlocked, to the modern world by maintaining the communication routes. André Mongo, a priest of the diocese of Inongo and the first native of the parish of Beronge, writes: "He spent his life going through our forests to cry out for Jesus Christ.

Daniël worked hard to alleviate the suffering of a population that had difficulty accessing basic necessities, given its landlocked state. Thanks to him, this population could not lack soap, hooks for fishing, oil for their kerosene lamp, salt, second-hand clothes, spare parts for bicycles, ... He succeeded in instilling in this population the spirit of his own "taking charge", by creating a cooperative, especially at a time when coffee was considered black gold.

Because he loved life, he also loved hobbies. In the Mission, Daniël had not forgotten his youth. That's how we saw him wetting his jersey playing football with the young people from different villages thanks to the tournaments he organized in the region. Several times, he also organized football evenings during which a film was shown to teach us how to play football well. He was a football lover!
In short, Daniël was a great and valiant missionary!
 
For us Ekonda, it's a baobab tree that fell down. He preached the Good News of Christ not only in words, but also in truth: "Bomba bomba, mabe! (Truth sets free!), he said! He had put into practice this word of Christ: "As often as you did it to one of the least of these my brethren, you did it to me" (Mt 25:40). Even today, his missionary works still speak, especially in Beronge, Ibamba, Kiri and Penzua. A true testimony of love! Daniël passed from this world to his Father on the holy day of the Ascension, a symbol! After having accomplished his mission among us with love, generosity, courage and determination, the Lord calls him and draws him with him into his glory: "Good and faithful servant, come and rejoice with me". (Mt 25:21). ■
 
by  Nicolas Lokula Lukulo






Read 67 times Last modified on Thursday, 08 October 2020 21:17

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