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Henri Debruyne

Henri Debruyne (1945-2020)

Je connais Henri depuis plus de cinquante ans. Et durant ces cinquante années, nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises, jusqu’au jour où je l’ai conduit à la Clinique St Jean pour son dernier voyage. Lorsque nous sommes arrivés au triage du Coronavirus, son état était critique. Les infirmiers ont immédiatement apporté un brancard. Pendant qu’ils l’emmenaient, il m’a encore fait un petit salut de la main. C’est ainsi qu’il a pris congé de nous.
J’ai rencontré Henri pour la première fois en 1967 à Jambes. Nous avons fait ensemble la théologie au grand Séminaire de Namur. Dès le début, il s’est révélé à nous comme quelqu’un qui savait tirer le meilleur profit de ses talents comme de ses limitations. En effet, suite à une opération au pied, il n’a jamais pratiqué de sport ni d’exercice physique et est resté toute sa vie plutôt sédentaire, mais cela ne l’a pas empêché de mettre ses talents au service de la mission, surtout dans l’enseignement biblique, le secrétariat et l’administration financière.

Henri était un confrère plein de talents, doué pour les langues et amoureux de la précision. Il avait un sens aigu de la synthèse. Il était discret, ordonné et méthodique, qualités qu’il a su mettre à profit dans ses différentes fonctions. Il avait aussi un caractère bien tranché et il ne manquait pas d’exprimer son opinion lorsqu’il n’était pas d’accord ou contrarié. Mais sous une écorce parfois un peu rude se cachait un cœur accueillant et toujours disponible. Au séminaire, Henri nous intriguait, car il ne prenait presque pas de notes ; souvent il s’occupait de tout autre chose pendant les cours, ce qui ne l’empêchait pas de suivre attentivement ce qui se disait et de réussir sans problème. Nous avions surtout de bons professeurs d’exégèse qu’Henri appréciait particulièrement : le Chanoine Marcel Didier, nos confrères Paul Van Parijs et André Boudart. C’étaient de loin les meilleurs cours. Nul doute que son intérêt pour l’Ecriture Sainte s’est éveillé pendant ces années de séminaire. Car la Parole de Dieu deviendra le fil rouge de sa vie.
Henri m’a deux fois agréablement surpris. Une première fois c’était à Jambes. Je travaillais alors comme étudiant pendant les vacances dans un hôtel à la côte. Les patrons m’avaient demandé si je pouvais trouver parmi mes connaissances quelqu’un pour un job à l’hôtel. Je l’ai proposé à Henri sans trop y croire, et à ma grande surprise, il a accepté et m’a rejoint. Ce n’était pas tellement son genre, mais j’ai alors compris qu’il était prêt à sortir des sentiers battus et relever des défis inconnus.

La deuxième fois, ce fut en 1994. A Rome nous étions à la recherche d’un candidat Économe général. J’ai aussitôt pensé à Henri, bien que ce ne fût pas évident. Il avait étudié l’exégèse et donnait cours à Ngoya. Il aimait enseigner et ses cours étaient appréciés de ses étudiants. Mais j’étais convaincu qu’il était le meilleur candidat et je lui ai proposé cette tâche ; je m’attendais à de la résistance, à des objections. A ma grande surprise, Henri a accepté sans hésiter. Qui aurait pu croire qu’exégèse et finances faisaient bon ménage ? En 1994 un changement pour le moins inattendu se produit donc dans sa vie : de professeur d’exégèse, il devient Économe général, tâche qu’il assumera avec compétence pendant 12 ans. Sa maîtrise des langues, son esprit méthodique, son sens de la discrétion et sa participation à de nombreuses Commissions financières l’y avaient préparé.

Les dernières années, lorsque de sérieux ennuis de santé l’avaient rendu moins mobile, il a continué à servir dans l’ombre de son bureau, traduisant ou corrigeant des textes avec un sens inné de la précision sans doute aiguisé lors de ses études d’exégèse. Nous pouvions aussi bénéficier de ses mots d’introduction et de ses homélies à l’occasion des messes journalières et dominicales. Ses commentaires étaient toujours basés sur une connaissance vivante de l’Ecriture sainte.

Les derniers mois de sa vie furent marqués par un combat serein contre un cancer revenu soudain à la charge. Il a néanmoins continué à assurer les traductions de textes, tâche qu’il a exercée avec fidélité jusqu’au jour de son transfert à l’hôpital. Affaibli par le combat contre son cancer, il a été emporté par la tourmente du Coronavirus. Partout où Henri est passé il a laissé le souvenir d’un confrère sur qui on pouvait compter pour des tâches bien faites. Il était disponible pour servir là où c’était nécessaire. On pouvait aussi compter sur sa discrétion. Il avait le souci du devoir accompli, mais ne s’en vantait pas. En d’autres mots, ce qu’on peut attendre d’un bon et fidèle scheutiste. ■               Jacques Thomas


Henri Debruyne (1945-2020)

I have known Henri for more than fifty years. And during these fifty years, our paths have crossed several times, until the day I took him to the Clinique St Jean for his last trip. When we arrived at the Coronavirus triage, his condition was critical. The nurses immediately brought a stretcher. While they were taking him away, he waved his hand at me again. That is how he took his leave of us.

I met Henri for the first time in 1967 at Jambes. We did theology together at the Major Seminary of Namur. From the beginning, he revealed himself to us as someone who knew how to make the most of his talents as well as his limitations. In fact, after a foot operation, he never practiced sports or physical exercise and remained rather sedentary all his life, but this did not prevent him from putting his talents at the service of the mission, especially in biblical teaching, secretarial work and financial administration.

Henri was a gifted confrere, gifted with languages and a lover of precision. He had a keen sense of synthesis. He was discreet, orderly and methodical, qualities which he was able to put to good use in his various functions. He also had a clear-cut character and did not fail to express his opinion when he disagreed or was upset. But under a sometimes-rough bark hid a welcoming and always available heart. In the seminary, Henri intrigued us, because he hardly took any notes; he often took care of everything else during the courses, which did not prevent him from following attentively what was said and from succeeding without any problem. Above all we had good teachers of exegesis whom Henri particularly appreciated: Canon Marcel Didier, our confreres Paul Van Parijs and André Boudart. These were by far the best courses. There is no doubt that his interest in Sacred Scripture was awakened during his years in the seminary. For the Word of God became the red thread of his life.

Henri twice pleasantly surprised me. The first time was at Jambes. I was then working as a student during the holidays in a hotel on the coast. The bosses had asked me if I could find someone I knew for a job at the hotel. I offered it to Henri without really believing it, and to my surprise he accepted and joined me. It was not really his style, but I understood that he was ready to get off the beaten track and take on unknown challenges. 

The second time was in 1994. In Rome we were looking for a General Treasurer candidate. I immediately thought of Henri, although it was not easy. He had studied exegesis and taught at Ngoya. He loved to teach, and his lectures were appreciated by his students. But I was convinced that he was the best candidate and I offered him the task; I expected resistance and objections. To my great surprise, Henri accepted without hesitation. Who would have thought that exegesis and finance go hand in hand? In 1994 a change in his life occurred, which was unexpected, to say the least: from professor of exegesis, he became General Treasurer, a task that he assumed competently for 12 years. His mastery of languages, his methodical spirit, his sense of discretion and his participation in numerous Financial Committees had prepared him for this.In recent years, when serious health problems had made him less mobile, he continued to serve in the shadow of his desk, translating or correcting texts with an innate sense of precision no doubt sharpened during his studies of exegesis.We could also benefit from his introductory words and homilies at daily and Sunday masses. His comments were always based on a living knowledge of Sacred Scripture.

The last months of his life were marked by a serene struggle with a cancer that suddenly returned. Nevertheless, he continued to translate texts, a task he faithfully carried out until the day of his transfer to the hospital. Weakened by the fight against his cancer, he was swept away by the turmoil of the corona virus. Wherever Henri went, he left the memory of a confrere on whom one could count for a job well done. He was available to serve wherever he was needed. His discretion could also be counted on. He was concerned about seeing things done but did not boast about it. In other words, what one can expect from a good and faithful Scheutist. ■                           Jacques Thomas
Read 81 times Last modified on Thursday, 08 October 2020 21:10

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