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HERMAN DE VRIENDT

HERMAN DE VRIENDT (1941-2020) [English text below]


Nous C’est difficile de cerner les contours de l’homme, Père Herman, car il fut un patrimoine commun, une bibliothèque et une mémoire non seulement pour notre Congrégation, mais surtout pour notre Eglise particulière, laissons dire ; l’archidiocèse de Dakar. « Mag mët naa bàyyi cim réew, xale mën naa yéég ci garab du gis, mag toog ci taatu garab di gis » ;(Il est indispensable qu’il y ait un ancien dans un pays. Un enfant au sommet d’un arbre ne peut rien voir alors que l’ancien qui est au pied de l’arbre voit ce que l’enfant ne voit pas).  Voici ce que Père Herman était devenu ces dernières années.

Devoir de mémoire et reconnaissance oblige, je dois écrire quelques lignes modestes sur l’homme, Père Herman, nos chemins se croisent en 1986 et j’étais vicaire à la paroisse Sainte Agnès de Rufisque. Le Père Herman est l'aîné d'une famille de sept enfants. Après son ordination il a été envoyé en mission au Zaïre (RDC) dans l’archidiocèse de Kinshasa. Il a été vicaire à la Paroisse Saint Pie X de Ngiri-Ngiri et curé a.i à la Paroisse St Antoine de Bumbu. De 1970 – 1975 : il rentre en Belgique et entreprend des études à l’Université Catholique de Louvain en vue du doctorat en théologie. Durant son séjour en Belgique, il a assumé certaines fonctions : maitre des novices, recteur, accompagnateur, animation missionnaire et vocationnelle pour les candidats cicm.

Arrivé au Sénégal en 1986, il a été vicaire et premier prêtre résident à Diamaguene (avant son érection en paroisse Notre Dame de la Paix le 3 Janvier 1999). Ensuite il est devenu Supérieur du District Autonome du Sénégal (1994-2000), Directeur du projet Wolof Diisso, Économe du District, vicaire à la Paroisse St Abraham, coordinateur de stage de nos jeunes confrères cicm et vers la fin, vicaire dominical.
Voici certains points que je retiens de mon voisinage avec le Père Herman.

Un missionnaire profondément intégré

Arrivé au Sénégal en 1986, le Père Herman s’est mis à l’étude de la langue wolof avant de se lancer dans le ministère pastoral paroissiale. Et il a consacré tout son temps à la maîtriser jusqu’à créer un petit noyau autour de lui, qui est devenu le projet wolof « Diissoo » pour la promotion de cette langue, les traductions liturgiques (Lectionnaires A.B.C, le Missel Romain et autres publications) et la culture du pays de la Teraanga. Il avait acquis une parfaite maîtrise de cette langue qu’il parlait couramment mieux qu’un natif et l’utilisait dans ses célébrations liturgiques. Avec son équipe, il a assuré pendant des années l’apprentissage de la langue aux jeunes confrères, les membres de certains instituts religieux et laïcs. Toujours disponible à se mettre au service des autres, il a animé conférences et retraites en wolof dans les paroisses où il était invité pour que les petits comprennent selon la devise du projet wolof Diissoo (Ndax ñu tuuti nànd). Un Style de vie simple qui faisait penser à Saint Paul « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre » 1Co 9,19-20.
Le Père Herman s’était aussi investi dans l’alphabétisation et la promotion des jeunes filles. Il était à l’école des pauvres. D’ailleurs, la vie des pauvres eux-mêmes est pour nous une école « d’humanisation » où nous avons beaucoup à apprendre. Père Herman, toujours dans le souci pour que les petits comprennent collaborait avec d’autres media pour communiquer la Bonne Nouvelle : il animait une émission religieuse catholique titrée Laudemus Dominum sur la RDV, une télévision privée sénégalaise et la Radio Misercordia. Il était une référence en wolof et sa renommée débordait le Sénégal. Voici l’extrait de notre dernière correspondance « A ta question me concernant, je peux répondre que je me porte bien ; je ne sors pas et suis bien les consignes de 'laver les mains, masque, etc. Mais le travail continu pour la radio Espérance m'occupe bien. Cela me fait vivre, surtout les émissions sur Laudato si. En plus l'abbé Sandi m'avait demandé de traduire les deux prières à Marie que le Pape a envoyées pour le mois de mai. Hier soir, nous avons pu lui envoyer la traduction : 2 belles prières. »

Permanent dans la prière

Il avait un contact intime avec le Christ et c’est là où il puisait ses forces. Même s’il ne présidait pas la messe, il portait toujours son aube pour concélébrer. L’homme d’écoute, il recevait les paroissiens pour les accompagner et leur donnait le sacrement de réconciliation. Il aimait la lecture spirituelle. Ses célébrations eucharistiques étaient toujours soignées. Il avait un chapelet noir des orthodoxes avec cette prière à Jésus « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ». Saint Augustin et le Bienheureux John Henry cardinal Newman l’avaient bien marqué. Il avait compris ces mots du Pape Paul VI « N’oublions pas la leçon de l’histoire : la fidélité à la prière ou son abandon est le test de la vitalité ou de la décadence de le vie religieuse ».
Amour de la Congrégation de Scheut et de sa famille

Père Herman aimait sa Congrégation et voulait la faire connaitre, je pense aux soins qu’il portait aux organisations des fêtes de la Congrégation : 25 ans de la présence CICM au Sénégal et 150 ans de la fondation de la Congrégation. Il souffrait de manque de vocation en Belgique. Il partageait facilement les nouvelles de sa famille lors nos réunions et certains membres de sa famille sont venus le visiter plusieurs fois. Il célébrait leur anniversaire de naissance en communauté avec un bon verre de bière et nous exhortait à ne pas nous en priver. Il était d’une compagnie agréable.

Oui nous connaissions bien ton vœu de terminer ton pèlerinage terrestre ici au pays de la Teraanga. Car tu disais souvent que d’année en année, tu t’approchais de la Grande Rencontre, mais c’est aller très vite. Que dire ? Tout à fait à l’improviste, tu as entrepris ton dernier voyage vers le Maître de la vie. Celui-ci t’aura dit sans doute : « Viens, fidèle et bon serviteur, dans ma joie. » Nous te sommes reconnaissants pour tout. Maam Booy (Cher grand-père comme les paroissiens l’appelaient affectueusement), va et repose en paix. Mission Accomplie ! ■      Par Charles Ilunga


HERMAN DE VRIENDT (1941-2020)


It is difficult to define the outlines of man, Father Herman, because he was a common heritage, a library and a memory not only for our Congregation, but especially for our particular Church, let us say so; the Archdiocese of Dakar. “Mag mët naa bàyyi cim réew, xale mën naa yéég ci garab du gis, mag toog ci taatu garab di gis”; (It is essential that there be an elder in a country. A child at the top of a tree can see nothing while the elder who is at the foot of the tree sees what the child does not see). This is what Father Herman had become in recent years.

Duty of remembrance and gratitude oblige, I must write a few modest lines about the man, Father Herman, our paths crossed in 1986 and I was vicar at the parish of Saint Agnès of Rufisque. Father Herman is the eldest of a family of seven children. After his ordination he was sent in mission to Zaire (DRC) in the archdiocese of Kinshasa. He was vicar at the Parish of Saint Pius X of Ngiri-Ngiri and parish priest a.i at the Parish of St Antoine of Bumbu. From 1970 - 1975: he returned to Belgium and began studying at the Catholic University of Louvain with a view to obtaining a doctorate in theology. During his stay in Belgium, he assumed certain functions: Director of Novices, rector, Supervisor, missionary and vocation animation for the cicm candidates.
Arrived in Senegal in 1986, he was vicar and first resident priest in Diamaguene (before its erection as parish of Notre Dame de la Paix on January 3, 1999). Then he became Superior of the Autonomous District of Senegal (1994-2000), Director of the Wolof Diisso project, District Treasurer, Vicar at the Parish of St Abraham, Director of interns of our young confreres cicm and towards the end vicar on Sundays.
Here are some points that I remember from my neighborhood with Father Herman.

A deeply integrated missionary

Arrived in Senegal in 1986, Father Herman began to study the Wolof language before embarking on parish pastoral ministry. And he devoted all his time to mastering it until he created a small nucleus around him, which became the Wolof project “Diissoo” for the promotion of this language, liturgical translations (ABC Lectionaries, the Roman Missal and other publications) and the culture of the Teraanga country.

He had acquired a perfect command of this language which he spoke fluently better than a native and used it in his liturgical celebrations. With his team, he assured for years the learning of the language to the young confreres, the members of certain religious and lay Institutes. Always available to serve others, he gave lectures and retreats in Wolof in the parishes where he was invited so that the little ones could understand according to the motto of the Wolof Diissoo project (Ndax ñu tuuti nànd). A Simple Lifestyle that made think of Saint Paul "yes, free from all men, I have made myself a slave to all, that I might win the more" 1Co 9,19-20.
Father Herman was also involved in literacy training and the promotion of young girls. He was at the school of the poor. Moreover, the life of the poor themselves is for us a school of "humanization" where we have a lot to learn. Father Herman, always with the concern for the little ones to understand, was collaborating with other media to communicate the Good News: he hosted a Catholic religious program titled Laudemus Dominum on RDV, a private Senegalese television and Radio Misercordia. He was a reference in Wolof and his fame went beyond Senegal. Here is an excerpt from our last correspondence "To your question concerning me, I can answer that I am well; I don't go out and follow the instructions to wash my hands, put on masks, etc., but the continuous work for Espérance radio keeps me busy. It keeps me alive, especially the Laudato si shows. In addition, Father Sandi had asked me to translate the two prayers to Mary that the Pope sent for the month of May. Yesterday evening, we were able to send him the translation: two beautiful prayers. "

Permanent in prayer

He had intimate contact with Christ and that is where he drew his strength. Even though he was not presiding over the mass, he still wore his alb to concelebrate. As a listener, he received parishioners to accompany them and gave them the sacrament of reconciliation. He liked spiritual reading. His Eucharistic celebrations were always well prepared. He had a black Orthodox rosary with this prayer to Jesus “Lord Jesus Christ, Son of God, have mercy on me, sinner”. Saint Augustine and Blessed John Henry Cardinal Newman had marked him well. He understood these words of Pope Paul VI “Let us not forget the lesson of history: fidelity to prayer or its abandonment is the test of the vitality or the decline of religious life”.

Love of the Congregation of Scheut and of his family

Father Herman loved his Congregation and wanted to make it known, I am thinking of the care he took for the organization of the Congregation's feasts: 25 years of the CICM presence in Senegal and 150 years of the foundation of the Congregation. He suffered from a lack of vocation in Belgium. He easily shared his family news at our meetings, and some of his relatives came to visit him several times. He celebrated their birthday in community with a good glass of beer and urged us not to deprive ourselves of it. He was easy to get along with.
Yes, we were well aware of your wish to end your earthly pilgrimage here in the land of Teraanga. Because you often said that from year to year, you were approaching the Great Meeting, but it went very quickly. What to say? Quite out of the blue, you set out on your last journey to the Master of life. He will no doubt have said to you: "Come, faithful and good servant, in my joy”. We are grateful to you for everything. Maam Booy (Dear grandfather as the parishioners affectionately called him), go and rest in peace. Mission accomplished! ■  By  Charles Ilunga 





Read 69 times Last modified on Thursday, 08 October 2020 21:19
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