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In Memoriam

In Memoriam (99)


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HERMAN DE VRIENDT 
(1941-2020) [English text below]


Nous C’est difficile de cerner les contours de l’homme, Père Herman, car il fut un patrimoine commun, une bibliothèque et une mémoire non seulement pour notre Congrégation, mais surtout pour notre Eglise particulière, laissons dire ; l’archidiocèse de Dakar. « Mag mët naa bàyyi cim réew, xale mën naa yéég ci garab du gis, mag toog ci taatu garab di gis » ;(Il est indispensable qu’il y ait un ancien dans un pays. Un enfant au sommet d’un arbre ne peut rien voir alors que l’ancien qui est au pied de l’arbre voit ce que l’enfant ne voit pas).  Voici ce que Père Herman était devenu ces dernières années.

Devoir de mémoire et reconnaissance oblige, je dois écrire quelques lignes modestes sur l’homme, Père Herman, nos chemins se croisent en 1986 et j’étais vicaire à la paroisse Sainte Agnès de Rufisque. Le Père Herman est l'aîné d'une famille de sept enfants. Après son ordination il a été envoyé en mission au Zaïre (RDC) dans l’archidiocèse de Kinshasa. Il a été vicaire à la Paroisse Saint Pie X de Ngiri-Ngiri et curé a.i à la Paroisse St Antoine de Bumbu. De 1970 – 1975 : il rentre en Belgique et entreprend des études à l’Université Catholique de Louvain en vue du doctorat en théologie. Durant son séjour en Belgique, il a assumé certaines fonctions : maitre des novices, recteur, accompagnateur, animation missionnaire et vocationnelle pour les candidats cicm.

Arrivé au Sénégal en 1986, il a été vicaire et premier prêtre résident à Diamaguene (avant son érection en paroisse Notre Dame de la Paix le 3 Janvier 1999). Ensuite il est devenu Supérieur du District Autonome du Sénégal (1994-2000), Directeur du projet Wolof Diisso, Économe du District, vicaire à la Paroisse St Abraham, coordinateur de stage de nos jeunes confrères cicm et vers la fin, vicaire dominical.
Voici certains points que je retiens de mon voisinage avec le Père Herman.

Un missionnaire profondément intégré

Arrivé au Sénégal en 1986, le Père Herman s’est mis à l’étude de la langue wolof avant de se lancer dans le ministère pastoral paroissiale. Et il a consacré tout son temps à la maîtriser jusqu’à créer un petit noyau autour de lui, qui est devenu le projet wolof « Diissoo » pour la promotion de cette langue, les traductions liturgiques (Lectionnaires A.B.C, le Missel Romain et autres publications) et la culture du pays de la Teraanga. Il avait acquis une parfaite maîtrise de cette langue qu’il parlait couramment mieux qu’un natif et l’utilisait dans ses célébrations liturgiques. Avec son équipe, il a assuré pendant des années l’apprentissage de la langue aux jeunes confrères, les membres de certains instituts religieux et laïcs. Toujours disponible à se mettre au service des autres, il a animé conférences et retraites en wolof dans les paroisses où il était invité pour que les petits comprennent selon la devise du projet wolof Diissoo (Ndax ñu tuuti nànd). Un Style de vie simple qui faisait penser à Saint Paul « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre » 1Co 9,19-20.
Le Père Herman s’était aussi investi dans l’alphabétisation et la promotion des jeunes filles. Il était à l’école des pauvres. D’ailleurs, la vie des pauvres eux-mêmes est pour nous une école « d’humanisation » où nous avons beaucoup à apprendre. Père Herman, toujours dans le souci pour que les petits comprennent collaborait avec d’autres media pour communiquer la Bonne Nouvelle : il animait une émission religieuse catholique titrée Laudemus Dominum sur la RDV, une télévision privée sénégalaise et la Radio Misercordia. Il était une référence en wolof et sa renommée débordait le Sénégal. Voici l’extrait de notre dernière correspondance « A ta question me concernant, je peux répondre que je me porte bien ; je ne sors pas et suis bien les consignes de 'laver les mains, masque, etc. Mais le travail continu pour la radio Espérance m'occupe bien. Cela me fait vivre, surtout les émissions sur Laudato si. En plus l'abbé Sandi m'avait demandé de traduire les deux prières à Marie que le Pape a envoyées pour le mois de mai. Hier soir, nous avons pu lui envoyer la traduction : 2 belles prières. »

Permanent dans la prière

Il avait un contact intime avec le Christ et c’est là où il puisait ses forces. Même s’il ne présidait pas la messe, il portait toujours son aube pour concélébrer. L’homme d’écoute, il recevait les paroissiens pour les accompagner et leur donnait le sacrement de réconciliation. Il aimait la lecture spirituelle. Ses célébrations eucharistiques étaient toujours soignées. Il avait un chapelet noir des orthodoxes avec cette prière à Jésus « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ». Saint Augustin et le Bienheureux John Henry cardinal Newman l’avaient bien marqué. Il avait compris ces mots du Pape Paul VI « N’oublions pas la leçon de l’histoire : la fidélité à la prière ou son abandon est le test de la vitalité ou de la décadence de le vie religieuse ».
Amour de la Congrégation de Scheut et de sa famille

Père Herman aimait sa Congrégation et voulait la faire connaitre, je pense aux soins qu’il portait aux organisations des fêtes de la Congrégation : 25 ans de la présence CICM au Sénégal et 150 ans de la fondation de la Congrégation. Il souffrait de manque de vocation en Belgique. Il partageait facilement les nouvelles de sa famille lors nos réunions et certains membres de sa famille sont venus le visiter plusieurs fois. Il célébrait leur anniversaire de naissance en communauté avec un bon verre de bière et nous exhortait à ne pas nous en priver. Il était d’une compagnie agréable.

Oui nous connaissions bien ton vœu de terminer ton pèlerinage terrestre ici au pays de la Teraanga. Car tu disais souvent que d’année en année, tu t’approchais de la Grande Rencontre, mais c’est aller très vite. Que dire ? Tout à fait à l’improviste, tu as entrepris ton dernier voyage vers le Maître de la vie. Celui-ci t’aura dit sans doute : « Viens, fidèle et bon serviteur, dans ma joie. » Nous te sommes reconnaissants pour tout. Maam Booy (Cher grand-père comme les paroissiens l’appelaient affectueusement), va et repose en paix. Mission Accomplie ! ■      Par Charles Ilunga


HERMAN DE VRIENDT (1941-2020)


It is difficult to define the outlines of man, Father Herman, because he was a common heritage, a library and a memory not only for our Congregation, but especially for our particular Church, let us say so; the Archdiocese of Dakar. “Mag mët naa bàyyi cim réew, xale mën naa yéég ci garab du gis, mag toog ci taatu garab di gis”; (It is essential that there be an elder in a country. A child at the top of a tree can see nothing while the elder who is at the foot of the tree sees what the child does not see). This is what Father Herman had become in recent years.

Duty of remembrance and gratitude oblige, I must write a few modest lines about the man, Father Herman, our paths crossed in 1986 and I was vicar at the parish of Saint Agnès of Rufisque. Father Herman is the eldest of a family of seven children. After his ordination he was sent in mission to Zaire (DRC) in the archdiocese of Kinshasa. He was vicar at the Parish of Saint Pius X of Ngiri-Ngiri and parish priest a.i at the Parish of St Antoine of Bumbu. From 1970 - 1975: he returned to Belgium and began studying at the Catholic University of Louvain with a view to obtaining a doctorate in theology. During his stay in Belgium, he assumed certain functions: Director of Novices, rector, Supervisor, missionary and vocation animation for the cicm candidates.
Arrived in Senegal in 1986, he was vicar and first resident priest in Diamaguene (before its erection as parish of Notre Dame de la Paix on January 3, 1999). Then he became Superior of the Autonomous District of Senegal (1994-2000), Director of the Wolof Diisso project, District Treasurer, Vicar at the Parish of St Abraham, Director of interns of our young confreres cicm and towards the end vicar on Sundays.
Here are some points that I remember from my neighborhood with Father Herman.

A deeply integrated missionary

Arrived in Senegal in 1986, Father Herman began to study the Wolof language before embarking on parish pastoral ministry. And he devoted all his time to mastering it until he created a small nucleus around him, which became the Wolof project “Diissoo” for the promotion of this language, liturgical translations (ABC Lectionaries, the Roman Missal and other publications) and the culture of the Teraanga country.

He had acquired a perfect command of this language which he spoke fluently better than a native and used it in his liturgical celebrations. With his team, he assured for years the learning of the language to the young confreres, the members of certain religious and lay Institutes. Always available to serve others, he gave lectures and retreats in Wolof in the parishes where he was invited so that the little ones could understand according to the motto of the Wolof Diissoo project (Ndax ñu tuuti nànd). A Simple Lifestyle that made think of Saint Paul "yes, free from all men, I have made myself a slave to all, that I might win the more" 1Co 9,19-20.
Father Herman was also involved in literacy training and the promotion of young girls. He was at the school of the poor. Moreover, the life of the poor themselves is for us a school of "humanization" where we have a lot to learn. Father Herman, always with the concern for the little ones to understand, was collaborating with other media to communicate the Good News: he hosted a Catholic religious program titled Laudemus Dominum on RDV, a private Senegalese television and Radio Misercordia. He was a reference in Wolof and his fame went beyond Senegal. Here is an excerpt from our last correspondence "To your question concerning me, I can answer that I am well; I don't go out and follow the instructions to wash my hands, put on masks, etc., but the continuous work for Espérance radio keeps me busy. It keeps me alive, especially the Laudato si shows. In addition, Father Sandi had asked me to translate the two prayers to Mary that the Pope sent for the month of May. Yesterday evening, we were able to send him the translation: two beautiful prayers. "

Permanent in prayer

He had intimate contact with Christ and that is where he drew his strength. Even though he was not presiding over the mass, he still wore his alb to concelebrate. As a listener, he received parishioners to accompany them and gave them the sacrament of reconciliation. He liked spiritual reading. His Eucharistic celebrations were always well prepared. He had a black Orthodox rosary with this prayer to Jesus “Lord Jesus Christ, Son of God, have mercy on me, sinner”. Saint Augustine and Blessed John Henry Cardinal Newman had marked him well. He understood these words of Pope Paul VI “Let us not forget the lesson of history: fidelity to prayer or its abandonment is the test of the vitality or the decline of religious life”.

Love of the Congregation of Scheut and of his family

Father Herman loved his Congregation and wanted to make it known, I am thinking of the care he took for the organization of the Congregation's feasts: 25 years of the CICM presence in Senegal and 150 years of the foundation of the Congregation. He suffered from a lack of vocation in Belgium. He easily shared his family news at our meetings, and some of his relatives came to visit him several times. He celebrated their birthday in community with a good glass of beer and urged us not to deprive ourselves of it. He was easy to get along with.
Yes, we were well aware of your wish to end your earthly pilgrimage here in the land of Teraanga. Because you often said that from year to year, you were approaching the Great Meeting, but it went very quickly. What to say? Quite out of the blue, you set out on your last journey to the Master of life. He will no doubt have said to you: "Come, faithful and good servant, in my joy”. We are grateful to you for everything. Maam Booy (Dear grandfather as the parishioners affectionately called him), go and rest in peace. Mission accomplished! ■  By  Charles Ilunga 





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Daniël Lodrioor (19 34-2020)
  [English text below]

Max, Le père Daniël Lodrioor était le neuvième d'une famille de douze enfants. Il était très heureux dans une si grande famille et il était toujours choyé pars ses frères et sœurs pour son caractère agréable et son air joyeux. Il avait de très bons contacts avec son frère et ami Gérard qui, comme lui, aimait et jouait au football. C'est pourquoi, pendant sa jeunesse et quand il était au collège, il organisait des matches de football pour les enfants abandonnés, qui ne savaient pas aller à l’école, ... À 26 ans, Gérard décède des suites d’un accident de voiture : une douleur indescriptible pour Daniël. Alors que ses frères et sœurs choisissaient de faire carrière dans différents domaines de la vie, Daniël, lui, depuis sa jeunesse, voulait être missionnaire et aller à Scheut.

Pour moi, africain, Daniël n'est pas un étranger. Il est arrivé au Congo, et plus précisément à Beronge, ma paroisse d'origine, alors que je n'étais pas encore né. Il m'a vu naître et grandir. C'est à lui que, pour la première fois, j'avais exprimé mon désir de devenir missionnaire Scheutiste. Je le vois encore assis dans son fauteuil, une tasse de café à la main, me répondre : “Nico, liboso, esengeli ozua diplôme d'État na yo, na nsima tokotala” (Nico, dans un premier temps, décroche d'abord ton diplôme d'État, et après on verra, on en reparlera). Deux ans plus tard, c'est le père Antos (Antoon Tanghe), alors curé de la paroisse, qui m'enverra au Noviciat cicm de Mbudi, à Kinshasa.


C'est au Lac Mai-Ndombe, diocèse d'Inongo, que Daniël passera toute sa vie missionnaire. Celle-ci le conduira à Inongo, Lokolama, Beronge, Kiri, Ibamba et Penzua. Ces paroisses se situent dans une région enclavée et difficile d'accès. À peine arrivé en terre de mission, il connaîtra un grave accident de moto à Inongo. Évacué en Belgique pour des soins appropriés, la rumeur se répandit qu’on ne le reverrait plus, oubliant ainsi la volonté de Dieu, la détermination et la bravoure de son serviteur.


Il m'est difficile de résumer sa vie missionnaire. Mais si j'ose la résumer, je partirai de la réponse à son “losako”. Le “losako” est une salutation solennelle de l'ethnie Mongo dont font partie les Ekonda, en République Démocratique du Congo. Elle n'est adressée qu'aux plus âgés. Et la réponse à cette salutation est généralement un proverbe qui donne une leçon morale. À chaque fois qu'on le saluait : “Sango, losako !” (Père, bonjour), sa réponse était : “Bongisa balabala” (entretiens, construis des routes) ! Un impératif ! C'est la raison pour laquelle, en signe d'affection, ses paroissiens l’appelaient : “Sango balabala” ; lisez : le “père route”, et comprenez : le père qui entretient et construit des routes. Parce qu'il était dynamique, joyeux et avait un esprit ouvert, en signe d'affection, on l'appelait aussi “Loondo” (jeune homme) ! Daniël a donc passé toute sa vie missionnaire chez les Ekonda.


L’apostolat de Daniël était celui de développement, de tout homme et tout l'homme. Le développement d'un peuple commence par son instruction et aussi et surtout par la construction des voies de communication, ne cessait-il de nous dire. Daniël prêchait non seulement par la parole, mais aussi par les actes. Partout où il était passé, il avait construit non seulement des chapelles, des églises, mais aussi des écoles, des dispensaires et des ROUTES. Depuis des années, il s'était aussi évertué à l'élagage des arbres au bord de la rivière Lutoy, entre Ireko et Kiri, deux paroisses scheutistes, pour l'écoulement fluide des marchandises. Je ne saurais ici dénombrer les ponts qu'il avait construits sur la route marécageuse et traversée par ruisseaux et rivières entre Beronge-Kiri-Penzua. Une façon pour lui de désenclaver la région, prémices d'un développement durable !


Daniël aimait la vie. Il partageait beaucoup ! Il était sensible à la souffrance. Il ne voulait pas voir quelqu'un dans la peine. La joie de ses paroissiens était sa joie. Il aimait les gens. Que de souvenirs ! Que retenir donc de lui ? Daniël a été pour ses paroissiens non seulement un pasteur qui a su conduire ses brebis aux pâturages dans les conditions les plus difficiles, mais également l'homme qui s'est employé à ouvrir les Ekonda, enclavés, au monde moderne par l'entretien des voies de communication. Il a consumé sa vie à parcourir nos forêts pour crier Jésus-Christ, écrit Mr l'abbé André Mongo, prêtre du diocèse d'Inongo et premier originaire de la paroisse de Beronge.


Daniël s'est dépensé à alléger la souffrance d'une population qui avait difficile d’accès aux produits de première nécessité, vu son état d'enclavement. Grâce à lui, cette population ne pouvait manquer de savon, de hameçons pour la pêche, de pétrole pour leur lampe à pétrole, de sel, de friperies, de pièces de rechange pour vélo, … Il a réussi à insuffler à cette population l'esprit de sa propre “prise en charge”, en créant une coopérative, surtout à l’époque où le café était considéré comme l'or noir.


Parce qu'il aimait la vie, il aimait aussi les loisirs. En Mission, Daniël n'avait pas oublié la jeunesse. C'est ainsi qu'on l'a vu mouiller le maillot en jouant au football avec les jeunes de différents villages grâce aux tournois qu'il organisait dans la contrée. Plusieurs fois, il organisait aussi des soirées footballistiques au cours desquelles un film était projeté pour nous apprendre à bien jouer au football. C'était un amoureux de football !

En somme, Daniël fut un grand et vaillant missionnaire ! Pour nous les Ekonda, c'est un baobab qui est tombé. Il prêchait la Bonne Nouvelle du Christ non seulement en paroles, mais aussi en vérité : “Bomba bomba, mabe ! (La vérité affranchit !), disait-il ! Il avait mis en pratique cette parole du Christ : “Toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait” (Mt 25, 40). Encore aujourd'hui, ses œuvres missionnaires parlent, et notamment à Beronge, Ibamba, Kiri et Penzua. Un vrai témoignage d’amour ! Daniël est passé de ce monde à son Père le jour saint de l'Ascension, tout un symbole ! Après avoir accompli avec amour, générosité, courage et détermination sa mission parmi nous, le Seigneur l'appelle et l’entraîne avec lui dans sa gloire : “Serviteur bon et fidèle, viens te réjouir avec moi” (Mt 25, 21). ■ 
 Par  Nicolas Lokula Lukulo



Daniël Lodrioor (19 34-2020)


Father Daniël Lodrioor was the ninth in a family of twelve children. He was very happy in such a big family and he was always pampered by his brothers and sisters for his pleasant character and cheerful air. He had very good contacts with his brother and friend Gerard who, like him, loved and played football. That is why, during his youth and when he was at school, he organized football matches for abandoned children who did not know how to go to school, ... At the age of 26, Gerard died in a car accident: an indescribable pain for Daniël. While his brothers and sisters were choosing a career in different areas of life, Daniël wanted to be a missionary and go to Scheut since his youth.


For me, an African, Daniël is no stranger. He arrived in the Congo, and more precisely in Beronge, my home parish, when I was not yet born. He saw me being born and growing up. It was to him that, for the first time, I expressed my desire to become a Scheutist missionary. I can still see him sitting in his armchair with a cup of coffee in his hand and answering me: "Nico, liboso, esengeli ozua state diploma na yo, na nsima tokotala" (Nico, first of all, get your state diploma, then we'll see, we will talk about it again). Two years later, it was Father Antos (Antoon Tanghe), then parish priest, who sent me to the CICM Novitiate in Mbudi, Kinshasa.

It is at Lake Mai-Ndombe, diocese of Inongo, that Daniël will spend his entire missionary life. This will lead him to Inongo, Lokolama, Beronge, Kiri, Ibamba and Penzua. These parishes are located in a landlocked region that is difficult to access. As soon as he arrived in the mission area, he had a serious motorcycle accident in Inongo. Evacuated to Belgium for proper care, the rumor spread that he would not be seen again, forgetting God's will, the determination and bravery of his servant.


It is difficult for me to sum up his missionary life. But if I dare to summarize it, I will start from the answer to his "losako". The "losako" is a solemn greeting from the Mongo ethnic group, which includes the Ekonda, in the Democratic Republic of Congo. It is addressed only to the elderly. And the answer to this greeting is usually a proverb that gives a moral lesson. Every time he was greeted: "Sango, losako!” (Father, hello), his answer was: "Bongisa balabala" (repair and build the road)! An imperative! That's why, as a sign of affection, his parishioners called him: "Sango balabala"; read: the "road father” and understand: the father who repairs and builds roads. Because he was dynamic, joyful and open-minded, he was also called "Loondo" (young man) as a sign of affection! Daniël therefore spent his entire missionary life with the Ekonda.


Daniël's apostolate was that of development, of every man and all man. The development of a people begins with its instruction and also and above all with the building of the ways of communication, he never ceased to tell us. Daniël preached not only by word, but also by deed. Wherever he had gone, he had built not only chapels and churches, but also schools, dispensaries and ROADS. For years he had also been busy pruning trees on the Lutoy River between Ireko and Kiri, two Scheutist parishes, for the smooth flow of goods. I could not count here the bridges he had built on the swampy road and crossed by streams and rivers between Beronge-Kiri-Penzua. A way for him to open up the region, the first steps towards sustainable development!
Daniël loved life. He shared a lot! He was sensitive to suffering. He didn't want to see anyone in pain. The joy of his parishioners was his joy. He loved people. So many memories. What to remember from him? Daniël was for his parishioners not only a shepherd who knew how to lead his sheep to the pastures in the most difficult conditions, but also the man who worked to open the Ekonda, landlocked, to the modern world by maintaining the communication routes. André Mongo, a priest of the diocese of Inongo and the first native of the parish of Beronge, writes: "He spent his life going through our forests to cry out for Jesus Christ.

Daniël worked hard to alleviate the suffering of a population that had difficulty accessing basic necessities, given its landlocked state. Thanks to him, this population could not lack soap, hooks for fishing, oil for their kerosene lamp, salt, second-hand clothes, spare parts for bicycles, ... He succeeded in instilling in this population the spirit of his own "taking charge", by creating a cooperative, especially at a time when coffee was considered black gold.

Because he loved life, he also loved hobbies. In the Mission, Daniël had not forgotten his youth. That's how we saw him wetting his jersey playing football with the young people from different villages thanks to the tournaments he organized in the region. Several times, he also organized football evenings during which a film was shown to teach us how to play football well. He was a football lover!
In short, Daniël was a great and valiant missionary!
 
For us Ekonda, it's a baobab tree that fell down. He preached the Good News of Christ not only in words, but also in truth: "Bomba bomba, mabe! (Truth sets free!), he said! He had put into practice this word of Christ: "As often as you did it to one of the least of these my brethren, you did it to me" (Mt 25:40). Even today, his missionary works still speak, especially in Beronge, Ibamba, Kiri and Penzua. A true testimony of love! Daniël passed from this world to his Father on the holy day of the Ascension, a symbol! After having accomplished his mission among us with love, generosity, courage and determination, the Lord calls him and draws him with him into his glory: "Good and faithful servant, come and rejoice with me". (Mt 25:21). ■
 
by  Nicolas Lokula Lukulo






Laurent Mpongo Mpoto (1931-2020)  English Text below



Le Père Laurent Mpongo a fini son pèlerinage sur terre. Oui, il nous a quittés physiquement ; nous ne le verrons plus. Mais il laisse les signes vivants de sa présence au milieu de nous.

Le Père Laurent Mpongo que nous appelions affectueusement « Expert », était un homme de foi. Comme théologien, il avait la soif et la passion d’approfondir sa connaissance de Dieu. Il avait la soif de l’inculturation de l’Evangile pour bâtir une Église inculturée en terre africaine. Dans cette optique, il a initié la célébration de la messe adaptée à l’Eglise du Zaïre, communément appelée le « rite zaïrois ». Il est aussi l’auteur de plusieurs livres dont : Célébrer le mariage ; Le problème de la sorcellerie en Afrique ; Les Africains dans la CICM. Le cas du premier groupe ; Les Africains dans la CICM. La croissance d’un groupe ; et bien d’autres publications.

En homme de foi et de prière, il était toujours présent à toutes les activités de la Communauté et de la Province : célébrations eucharistiques, méditations personnelles, repas, recréations, recollections, retraites et célébrations de certains événements. Le Père Laurent était aussi un homme qui savait oser du neuf. Il fait partie du tout premier groupe des Scheutistes Africains. Il est aussi le premier scheutiste originaire de la Province du Mai-Ndombe. Comme pionner, il a ouvert le chemin à beaucoup d’entre nous à Scheut et il a sauvé plusieurs vocations cicm. Il savait encourager et féliciter quand quelqu’un accomplissait le bien ; mais il n’hésitait pas d’interpeller quand il voyait quelqu’un sur la pente. Car, il aimait dire la vérité et il était franc.
« Expert » était également un homme qui avait le sens de responsabilité : ponctuel, disponible, dévoué, élégant (il aimait porter sa cravate), propre et engagé. Il avait la précision dans son langage et dans ses écrits. Il avait le désir de la perfection en vue de l’excellence. Dans cet élan, il a assumé plusieurs fonctions et pas parmi les moindres dans la CICM et dans l’Église à travers le monde. Il était un homme très fraternel et attentif aux autres. Personnellement, je garde un très bon souvenir de lui. Pendant la maladie du feu Père Honoré Lesalia, le Père Laurent m’appelait chaque jour et parfois deux fois par jour pour avoir des nouvelles du Père Honoré malade. Et chaque fois il disait : « Salutations à Honoré ; je prie pour lui ».

Pendant ces jours de confinement, il m’appelait souvent pour savoir comment nous allions en communauté.
Nous aurions voulu lui faire des obsèques beaucoup plus adaptées à ce qu’il est pour nous : un vaillant missionnaire, religieux, prêtre ; un homme qui a la passion pour Dieu et pour l’Eglise, la passion pour la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, un baobab. Mais hélas, les mesures prises suite à la pandémie de coronavirus ne nous le permettent pas.

La nouvelle du décès du Père Laurent nous a tous attristés et bouleversés. Nos cœurs sont perturbés. Jésus nous dit : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu ; croyez aussi en moi » ; « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi ne mourra jamais ». Le Père Laurent, nous le croyons, est vivant auprès de Jésus qu’il a servi toute sa vie. Notre consolation et réconfort se trouvent dans le fait que le Père Laurent nous quitte en ce temps de Pâques, temps où nous célébrons la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qu’il rencontre le Christ ressuscité qu’il a cherché et servi toute sa vie. Qu’il écoute la voix du Christ qui lui dit : « Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton maître ».

Père Laurent nous quitte aussi pendant le mois marial, lui qui appartient à une Congrégation mariale. Que la Vierge Marie le conduise auprès de son Fils Jésus-Christ.

Père Laurent, tu as combattu le bon combat ; tu nous as montré le bon chemin ; tu nous as enseigné ; tu nous as encouragés : Merci pour tout ; un bienfait n’est jamais perdu. Nous continuons à compter sur tes prières. Partage maintenant la joie de ton Maître. Que Dieu répande sur toi la rosée de sa grâce, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ! ■ Par  Maurice Nsambo

Laurent Mpongo Mpoto (1931-2020)


Father Laurent Mpongo has finished his pilgrimage on earth. Yes, he has left us physically; we will not see him again. But he leaves the living signs of his presence in our midst.

Father Laurent Mpongo, whom we affectionately called "Expert", was a man of faith. As a theologian, he had the thirst and the passion to deepen his knowledge of God. He had a thirst for the inculturation of the Gospel in order to build an inculturated Church on African soil. With this in mind, he initiated the celebration of the Mass adapted to the Church of Zaire, commonly known as the "Zairean Rite". He is also the author of several books : Célébrer le mariage ; Le problème de la sorcellerie en Afrique ; Les Africains dans la CICM. Le cas du premier groupe ; Les Africains dans la CICM、 La croissance d’un groupe; and many other publications.

As a man of faith and prayer, he was always present at all the activities of the Community and the Province: Eucharistic celebrations, personal meditations, meals, recollections, retreats and celebrations of certain events. Father Laurent was also a man who knew how to dare new things. He belonged to the very first group of African Scheutists. He is also the first Scheutist from the Province of Mai-Ndombe. As a pioneer, he opened the way for many of us in Scheut and he saved several cicm vocations. He knew how to encourage and congratulate when someone was doing good; but he did not hesitate to call out when he saw someone on the slope. For he liked to tell the truth and he was frank.

« Expert » was also a man with a sense of responsibility: punctual, available, dedicated, elegant (he liked to wear his tie), clean and committed. He had precision in his language and in his writing. He had the desire for perfection with a view to excellence. In this spirit, he took on many functions, not the least of which were in the CICM and in the Church throughout the world. He was a very fraternal and caring man. Personally, I have very fond memories of him. During the illness of the late Father Honoré Lesalia, Father Laurent called me every day and sometimes twice a day to get news of the sick Father Honoré. And each time he would say: "Greetings to Honoré; I pray for him". During those days of confinement, he would often call me to find out how we were doing in the community.

We would have liked to give him a funeral much more adapted to what he is to us: a valiant missionary, religious, priest; a man who has a passion for God and for the Church, a passion for the Congregation of the Immaculate Heart of Mary, a baobab tree. But unfortunately, the measures taken in the wake of the coronavirus pandemic do not allow us to do so.

The news of Father Laurent's death saddened and upset us all. Our hearts are troubled. Jesus tells us: "Do not let your heart be troubled. You believe in God; believe also in me"; "I am the resurrection and the life; whoever believes in me will never die". Father Laurent, we believe, is alive with Jesus whom he served all his life. Our consolation and comfort are in the fact that Father Laurent is leaving us at this Easter time, a time when we celebrate the resurrection of our Lord Jesus Christ. May he meet the Risen Christ whom he sought and served all his life. May he listen to the voice of Christ who says to him: "Good and faithful servant, enter into the joy of your master".

Father Laurent also leaves us during the Marian month, he who belongs to a Marian Congregation. May the Virgin Mary lead him to her Son Jesus Christ.

Father Laurent, you fought the good fight; you showed us the right way; you taught us; you encouraged us: Thank you for everything; a blessing is never lost. We continue to count on your prayers. Now share the joy of your Master. May God pour out the dew of his grace upon you, in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit. Amen! ■ by  Maurice   Nsambo






Father Laurent Mpongo has finished his pilgrimage on earth. Yes, he has left us physically; we will not see him again. But he leaves the living signs of his presence in our midst.

Father Laurent Mpongo, whom we affectionately called "Expert", was a man of faith. As a theologian, he had the thirst and the passion to deepen his knowledge of God. He had a thirst for the inculturation of the Gospel in order to build an inculturated Church on African soil. With this in mind, he initiated the celebration of the Mass adapted to the Church of Zaire, commonly known as the "Zairean Rite". He is also the author of several books : Célébrer le mariage ; Le problème de la sorcellerie en Afrique ; Les Africains dans la CICM. Le cas du premier groupe ; Les Africains dans la CICM La croissance d’un groupe; and many other publications.

As a man of faith and prayer, he was always present at all the activities of the Community and the Province: Eucharistic celebrations, personal meditations, meals, recollections, retreats and celebrations of certain events. Father Laurent was also a man who knew how to dare new things. He belonged to the very first group of African Scheutists. He is also the first Scheutist from the Province of Mai-Ndombe. As a pioneer, he opened the way for many of us in Scheut and he saved several cicm vocations. He knew how to encourage and congratulate when someone was doing good; but he did not hesitate to call out when he saw someone on the slope. For he liked to tell the truth and he was frank.

« Expert » was also a man with a sense of responsibility: punctual, available, dedicated, elegant (he liked to wear his tie), clean and committed. He had precision in his language and in his writing. He had the desire for perfection with a view to excellence. In this spirit, he took on many functions, not the least of which were in the CICM and in the Church throughout the world. He was a very fraternal and caring man. Personally, I have very fond memories of him. During the illness of the late Father Honoré Lesalia, Father Laurent called me every day and sometimes twice a day to get news of the sick Father Honoré. And each time he would say: "Greetings to Honoré; I pray for him". During those days of confinement, he would often call me to find out how we were doing in the community.

We would have liked to give him a funeral much more adapted to what he is to us: a valiant missionary, religious, priest; a man who has a passion for God and for the Church, a passion for the Congregation of the Immaculate Heart of Mary, a baobab tree. But unfortunately, the measures taken in the wake of the coronavirus pandemic do not allow us to do so.

The news of Father Laurent's death saddened and upset us all. Our hearts are troubled. Jesus tells us: "Do not let your heart be troubled. You believe in God; believe also in me"; "I am the resurrection and the life; whoever believes in me will never die". Father Laurent, we believe, is alive with Jesus whom he served all his life. Our consolation and comfort are in the fact that Father Laurent is leaving us at this Easter time, a time when we celebrate the resurrection of our Lord Jesus Christ. May he meet the Risen Christ whom he sought and served all his life. May he listen to the voice of Christ who says to him: "Good and faithful servant, enter into the joy of your master".

Father Laurent also leaves us during the Marian month, he who belongs to a Marian Congregation. May the Virgin Mary lead him to her Son Jesus Christ.

Father Laurent, you fought the good fight; you showed us the right way; you taught us; you encouraged us: Thank you for everything; a blessing is never lost. We continue to count on your prayers. Now share the joy of your Master. May God pour out the dew of his grace upon you, in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit. Amen! ■                        

                        Maurice   Nsambo


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Henri Debruyne (1945-2020)

Je connais Henri depuis plus de cinquante ans. Et durant ces cinquante années, nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises, jusqu’au jour où je l’ai conduit à la Clinique St Jean pour son dernier voyage. Lorsque nous sommes arrivés au triage du Coronavirus, son état était critique. Les infirmiers ont immédiatement apporté un brancard. Pendant qu’ils l’emmenaient, il m’a encore fait un petit salut de la main. C’est ainsi qu’il a pris congé de nous.
J’ai rencontré Henri pour la première fois en 1967 à Jambes. Nous avons fait ensemble la théologie au grand Séminaire de Namur. Dès le début, il s’est révélé à nous comme quelqu’un qui savait tirer le meilleur profit de ses talents comme de ses limitations. En effet, suite à une opération au pied, il n’a jamais pratiqué de sport ni d’exercice physique et est resté toute sa vie plutôt sédentaire, mais cela ne l’a pas empêché de mettre ses talents au service de la mission, surtout dans l’enseignement biblique, le secrétariat et l’administration financière.

Henri était un confrère plein de talents, doué pour les langues et amoureux de la précision. Il avait un sens aigu de la synthèse. Il était discret, ordonné et méthodique, qualités qu’il a su mettre à profit dans ses différentes fonctions. Il avait aussi un caractère bien tranché et il ne manquait pas d’exprimer son opinion lorsqu’il n’était pas d’accord ou contrarié. Mais sous une écorce parfois un peu rude se cachait un cœur accueillant et toujours disponible. Au séminaire, Henri nous intriguait, car il ne prenait presque pas de notes ; souvent il s’occupait de tout autre chose pendant les cours, ce qui ne l’empêchait pas de suivre attentivement ce qui se disait et de réussir sans problème. Nous avions surtout de bons professeurs d’exégèse qu’Henri appréciait particulièrement : le Chanoine Marcel Didier, nos confrères Paul Van Parijs et André Boudart. C’étaient de loin les meilleurs cours. Nul doute que son intérêt pour l’Ecriture Sainte s’est éveillé pendant ces années de séminaire. Car la Parole de Dieu deviendra le fil rouge de sa vie.
Henri m’a deux fois agréablement surpris. Une première fois c’était à Jambes. Je travaillais alors comme étudiant pendant les vacances dans un hôtel à la côte. Les patrons m’avaient demandé si je pouvais trouver parmi mes connaissances quelqu’un pour un job à l’hôtel. Je l’ai proposé à Henri sans trop y croire, et à ma grande surprise, il a accepté et m’a rejoint. Ce n’était pas tellement son genre, mais j’ai alors compris qu’il était prêt à sortir des sentiers battus et relever des défis inconnus.

La deuxième fois, ce fut en 1994. A Rome nous étions à la recherche d’un candidat Économe général. J’ai aussitôt pensé à Henri, bien que ce ne fût pas évident. Il avait étudié l’exégèse et donnait cours à Ngoya. Il aimait enseigner et ses cours étaient appréciés de ses étudiants. Mais j’étais convaincu qu’il était le meilleur candidat et je lui ai proposé cette tâche ; je m’attendais à de la résistance, à des objections. A ma grande surprise, Henri a accepté sans hésiter. Qui aurait pu croire qu’exégèse et finances faisaient bon ménage ? En 1994 un changement pour le moins inattendu se produit donc dans sa vie : de professeur d’exégèse, il devient Économe général, tâche qu’il assumera avec compétence pendant 12 ans. Sa maîtrise des langues, son esprit méthodique, son sens de la discrétion et sa participation à de nombreuses Commissions financières l’y avaient préparé.

Les dernières années, lorsque de sérieux ennuis de santé l’avaient rendu moins mobile, il a continué à servir dans l’ombre de son bureau, traduisant ou corrigeant des textes avec un sens inné de la précision sans doute aiguisé lors de ses études d’exégèse. Nous pouvions aussi bénéficier de ses mots d’introduction et de ses homélies à l’occasion des messes journalières et dominicales. Ses commentaires étaient toujours basés sur une connaissance vivante de l’Ecriture sainte.

Les derniers mois de sa vie furent marqués par un combat serein contre un cancer revenu soudain à la charge. Il a néanmoins continué à assurer les traductions de textes, tâche qu’il a exercée avec fidélité jusqu’au jour de son transfert à l’hôpital. Affaibli par le combat contre son cancer, il a été emporté par la tourmente du Coronavirus. Partout où Henri est passé il a laissé le souvenir d’un confrère sur qui on pouvait compter pour des tâches bien faites. Il était disponible pour servir là où c’était nécessaire. On pouvait aussi compter sur sa discrétion. Il avait le souci du devoir accompli, mais ne s’en vantait pas. En d’autres mots, ce qu’on peut attendre d’un bon et fidèle scheutiste. ■               Jacques Thomas


Henri Debruyne (1945-2020)

I have known Henri for more than fifty years. And during these fifty years, our paths have crossed several times, until the day I took him to the Clinique St Jean for his last trip. When we arrived at the Coronavirus triage, his condition was critical. The nurses immediately brought a stretcher. While they were taking him away, he waved his hand at me again. That is how he took his leave of us.

I met Henri for the first time in 1967 at Jambes. We did theology together at the Major Seminary of Namur. From the beginning, he revealed himself to us as someone who knew how to make the most of his talents as well as his limitations. In fact, after a foot operation, he never practiced sports or physical exercise and remained rather sedentary all his life, but this did not prevent him from putting his talents at the service of the mission, especially in biblical teaching, secretarial work and financial administration.

Henri was a gifted confrere, gifted with languages and a lover of precision. He had a keen sense of synthesis. He was discreet, orderly and methodical, qualities which he was able to put to good use in his various functions. He also had a clear-cut character and did not fail to express his opinion when he disagreed or was upset. But under a sometimes-rough bark hid a welcoming and always available heart. In the seminary, Henri intrigued us, because he hardly took any notes; he often took care of everything else during the courses, which did not prevent him from following attentively what was said and from succeeding without any problem. Above all we had good teachers of exegesis whom Henri particularly appreciated: Canon Marcel Didier, our confreres Paul Van Parijs and André Boudart. These were by far the best courses. There is no doubt that his interest in Sacred Scripture was awakened during his years in the seminary. For the Word of God became the red thread of his life.

Henri twice pleasantly surprised me. The first time was at Jambes. I was then working as a student during the holidays in a hotel on the coast. The bosses had asked me if I could find someone I knew for a job at the hotel. I offered it to Henri without really believing it, and to my surprise he accepted and joined me. It was not really his style, but I understood that he was ready to get off the beaten track and take on unknown challenges. 

The second time was in 1994. In Rome we were looking for a General Treasurer candidate. I immediately thought of Henri, although it was not easy. He had studied exegesis and taught at Ngoya. He loved to teach, and his lectures were appreciated by his students. But I was convinced that he was the best candidate and I offered him the task; I expected resistance and objections. To my great surprise, Henri accepted without hesitation. Who would have thought that exegesis and finance go hand in hand? In 1994 a change in his life occurred, which was unexpected, to say the least: from professor of exegesis, he became General Treasurer, a task that he assumed competently for 12 years. His mastery of languages, his methodical spirit, his sense of discretion and his participation in numerous Financial Committees had prepared him for this.In recent years, when serious health problems had made him less mobile, he continued to serve in the shadow of his desk, translating or correcting texts with an innate sense of precision no doubt sharpened during his studies of exegesis.We could also benefit from his introductory words and homilies at daily and Sunday masses. His comments were always based on a living knowledge of Sacred Scripture.

The last months of his life were marked by a serene struggle with a cancer that suddenly returned. Nevertheless, he continued to translate texts, a task he faithfully carried out until the day of his transfer to the hospital. Weakened by the fight against his cancer, he was swept away by the turmoil of the corona virus. Wherever Henri went, he left the memory of a confrere on whom one could count for a job well done. He was available to serve wherever he was needed. His discretion could also be counted on. He was concerned about seeing things done but did not boast about it. In other words, what one can expect from a good and faithful Scheutist. ■                           Jacques Thomas
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Gerard van Beers (1927-2020)「Texte en Francais en bas

Gerard van Beers was born and raised in Vught, where his father was sacristan in the “big” church. As Gerard liked to relate often, the newborn baby Gerard was carried to church by his father in a basket (like Moses' wicker basket), and at his baptism he was given the name of Gerard with whom he lived and with which we knew him.

From a young age Gerard was allowed to help his father in church, and so the desire to become a priest grew in him. His uncle among the Norbertines would have liked to send him in that direction, but Gerard preferred to go to Sparrendaal. Becoming a missionary was his goal in life. After his studies and ordination, most of his classmates left for the mission, but Gerard was appointed tutor at the missionary college. He carried out this task with great enthusiasm for several years. He looked after the choir, was a leader in scouting, and led the manual labor.   
  
However, when the college was recognized by the state, only qualified teachers were eligible to teach and its activities no longer corresponded to the curriculum. It was time to leave for the mission. However, during his examination he received a negative opinion and, as he himself says, he was not "fit for the tropics". Leaving for the mission was therefore not an option. Fortunately, the Dongen brothers were looking for a teacher and spiritual guide for their schools for mentally handicapped children. Gérard started working there with great enthusiasm. In that capacity, Gerard did a wonderful job.

Gerard also liked to tell about his countless pilgrimages to Lourdes. This often included a visit to Nevers, where Bernadette lived and died. This marked Gerard more than Lourdes itself. Gerard died on April 16, feast of Blessed Bernadette of Lourdes.
He retired to Teteringen five years ago. It was about time because his memory was starting to fail. He lost his way when cycling around Teteringen. But there were always confreres or nice people who brought him safely home. Gerard was a nice man who didn't bother anyone. He appreciated the loving care and attention of confreres and staff.

However, our quarantine due to COVID-19 was too much for Gerard. He became completely confused and, to make matters worse, he had a stroke that caused him to fall repeatedly. On April 16, he passed away peacefully at Amphia Hospital in Breda.
May he rest in peace. ■  by Joep van Gaalen

 Gerard van Beers (1927-2020)

Gerard van Beers est né et a grandi à Vught, où son père était sacristain dans la « grande » église. Comme Gerard aimait le raconter souvent, le nouveau-né Gerard fut porté à l'église par son père dans un panier (comme le panier en osier de Moïse), et à son baptême, il reçut le nom de Gerard avec lequel il vivait et avec lequel nous l’avons connu.

Dès son jeune âge, Gerard était autorisé à aider son père à l'église, et c’est ainsi que le désir de devenir prêtre a grandi en lui. Son oncle chez les Norbertins aurait aimé l'envoyer dans cette direction, mais Gerard préféra se rendre à Sparrendaal. Devenir missionnaire était son objectif de vie. Après ses études et son ordination, la plupart de ses camarades de classe sont partis pour la mission, mais Gerard a été nommé tuteur au collège missionnaire. Il a accompli cette tâche avec beaucoup d'enthousiasme pendant plusieurs années. Il s'occupait de la chorale, était un chef de file du scoutisme et dirigeait le travail manuel.

Cependant, lorsque le collège fut reconnu par l'État, seuls les enseignants diplômés étaient habilités à enseigner et ses activités ne correspondaient plus au programme. Ce fut le temps de partir pour la mission. Cependant, lors de son examen, il reçut un avis négatif et, comme il le dit lui-même, il ne fut pas "apte aux tropiques". Partir pour la mission n'était donc pas une option. Heureusement, les frères de Dongen cherchaient un enseignant et un accompagnateur spirituel pour leurs écoles pour enfants handicapés mentaux. Gérard y a commencé à travailler avec beaucoup d'enthousiasme. À ce titre, Gerard a fait un travail formidable.

Gerard aimait aussi raconter ses innombrables pèlerinages à Lourdes. Cela comprenait souvent une visite à Nevers, où Bernadette a vécu et est morte. Cela marquait Gerard plus que Lourdes même. Gerard est décédé le 16 avril, fête de la bienheureuse Bernadette de Lourdes.
Il a pris sa retraite à Teteringen il y a cinq ans. Il était temps parce que sa mémoire commençait à lui faire défaut. Il perdait son chemin lors de ses déplacements à vélo dans les environs de Teteringen. Mais il y avait toujours des confrères ou des gens sympathiques qui le ramenaient en toute sécurité chez nous. Gerard était un homme gentil qui ne dérangeait personne. Il appréciait l’attention et le soin affectueux des confrères et du personnel.

Cependant, notre quarantaine à cause de la COVID-19 était de trop pour Gerard. Il est devenu complètement confus et, pour aggraver les choses, il eut un accident vasculaire cérébral qui le faisait tomber à plusieurs reprises. Le 16 avril, il est décédé paisiblement à l'hôpital Amphia de Breda.

Qu'il repose en paix. ■  par Joep van Gaalen









Honoré Kapuku Tshimanga(1958-2020)English text below

Né le 30 décembre 1958 à Luandanda (RDC)

Premiers vœux le 8 septembre 1981

Ordonné prêtre le 19 août 1990

Il a été missionnaire au Guatemala et au Congo (AFA)

Décédé à Montréal (CN), le 17 janvier 2020, à l’âge de 61 ans


Le père Honoré Kapuku, « ka souris », « petite souris » comme nous l’appelions, était orphelin de père dans sa tendre jeunesse. Il a connu un autre milieu familial favorable qu’était celui de son oncle paternel Mukulu Kande. La mort a régulièrement rendu visite à cette famille et Honoré était resté seul garçon avec une seule petite sœur. La perte matinale de son papa était devenue un leitmotiv, le poussant à une très grande capacité de créativité et de débrouillardise. Il était un homme talentueux, parfois agressif, manipulant toute sorte d’appareils, et en en créant de nouveaux dans sa vie professionnelle future comme missionnaire, le missionnaire-ingénieur.

Après sa formation de théologie à Ngoya au Cameroun, suivi de son ordination sacerdotale en RDC, Honoré partit comme missionnaire au Guatemala où il fut nommé pour servir dans le ministère paroissial. Il avait un bon cœur et vivait très proche de ses paroissiens, aussi bien les jeunes que les vieux dans son approche pastorale. Ces solides relations pouvaient encore être observées pendant son hospitalisation avec certaines familles guatémaltèques se préparant à venir lui rendre visite à Montréal, au Canada.

Après son expérience au Guatemala, Honoré accepta un autre défi missionnaire dans sa province d’origine le Kasayi Occidental (à l’époque). Il s’entendait à merveille avec les confrères de la maison provinciale où il avait assumé les fonctions de Recteur. Il fut par après nommé responsable des œuvres missionnaires. Il savait taquiner et raconter des histoires parfois invraisemblables, des blagues qui frisaient parfois le cynisme. Cette façon de faire révélait le vrai « ka souris » qu’il avait toujours été. Mais souvent aussi, certaines de ses initiatives étaient mal comprises. N’oublions pas qu’à l’époque de sa nomination comme responsable des œuvres missionnaires, le clergé diocésain nourrissait les ambitions de récupérer beaucoup de ces œuvres qui appartenaient à la Congrégation. Sa fonction était donc stratégique pour la Congrégation qui voyait diminuer le nombre des confrères Belges et l’augmentation des Confrères originaires du Grand Kasayi avec un besoin croissant de garder certaines œuvres pour la continuation de la mission. Pendant cette période, la Province lui demanda de donner un coup de main à l’animation missionnaire des jeunes à Katoka. On y avait besoin d’un animateur congolais enthousiaste. Ensuite, il a été responsable des projets dans le domaine des ponts. C’est ici que Honoré a fait preuve de son intelligence, de sa capacité d’être un missionnaire plein d’initiatives, toujours lucide et plein d’enthousiasme.

La nomination du père Léonard Kasanda comme Supérieur provincial a été une bénédiction historique pour Honoré Kapuku. Le père Léonard Kasanda, l’avait davantage supporté et encouragé à exploiter positivement tous les talents qui étaient en lui. Ce moment était vraiment l’âge d’or de sa mission au Kasayi. Pendant la période difficile de la conquête du pouvoir par l’AFDL (Alliance de Forces Démocratiques pour la libération du Congo) de Laurent Désiré Kabila, il était ce confrère sur qui tout le monde pouvait compter pour la sécurité de la maison provinciale. En effet il avait de bonnes relations avec les jeunes du quartier Kapanda pour qui, les pères de Scheut étaient aussi ‘’leur patrimoine commun’’.

Sous l’impulsion du père Provincial Jef Laevens, Honoré accepta un nouveau défi missionnaire : refaire la toiture de l’église sainte famille. Honoré se retrouvait dans le domaine de ses rêves. Nous ne pouvons que te dire merci pour ce bijou de l’histoire de notre mission au Kasayi. Kapuku wetu tuasakidila (merci notre Kapuku), les œuvres parleront de toi. Le garage de Tshiela et les différents ponts que tu as jetés sur plusieurs cours d’eau sont des photocopies de ton intelligence mécanique ; la salle des conférences de Tshiela confirme aujourd’hui ton souci de faire de certains espaces des unités de notre autofinancement.

Après cette période manifestement exaltante et joyeuse, Honoré a connu des moments pénibles comme tout être humain. Il disait souvent : ’’la vie est déjà difficile. Il vaut mieux ne pas trop déranger les autres ''. C’est cet adage qui le poussa à se retirer vers la ferme de Luandanda pour se consacrer activement aux travaux de la ferme agricole après avoir reçu une formation spécialisée au Centre Songhaï à Porto Novo, en République du Benin. Son génie créateur se révéla à travers la fabrication des outils agricoles en revalorisant une Tour anciennement utilisée à Tshilomba par les anciens confrères, les plantations diverses, l’élevage multiforme, le développement de la pisciculture, la génération du courant électrique par la construction des petites unités de barrages, etc. Honoré était le prototype du missionnaire CICM dont on pouvait facilement dire qu’il avait une brique dans le ventre. Et dans son cas il avait aussi un marteau et du fer dans le même ventre. Le zèle pour ce travail l’avait conduit jusqu’à l’extrême de devenir presque « un tiré à part » avec des conséquences parfois fâcheuses dans ses relations interpersonnelles. Cette situation amena les Supérieurs religieux à le nommer Curé de la Paroisse Sainte Famille.

Envoyé au Canada pour un programme spécial avant d’avoir une nouvelle nomination pastorale, Honoré fut diagnostiqué d’un cancer de sang (leucémie) duquel il ne s’était jamais remis. Témoin de la fraternité universelle, Honoré fut inhumé en plein hiver froid à Montréal, le 24 Janvier 2020, loin de son Kananga natal. La veille de ce jour, Les paroissiens de Sainte Famille et connaissances, les prêtres tant diocésains que religieux ainsi que leur curé Jean Claude Kanku ont organisé une veillée digne de celui qui aimait la vie « Honorius ». Le jour de ton enterrement, la Communauté de Ste Famille et les confrères t’ont dit merci « Ka Souris » pour tout ce que tu as été. Repose maintenant dans la joie de ton Maître. ■ Par Jean-Patrice Ngoyi
 Honoré Kapuku Tshimanga  (1958-2020)

Born in Luandanda (RDC) on December 30, 1958

First vows on September 8, 1981

Ordained priest on August 19, 1990

Missionary in Guatemala and in Congo (AFA)

Died in Montréal (CN), on January 17, 

2020 at the age of 61 


Father Honoré Kapuku, "ka souris," "little mouse," as we called him, was fatherless in his tender youth. He had another favorable family environment, which was that of his paternal uncle Mukulu Kande. Death regularly visited this family because and Honoré was the only boy with only one little sister. The early loss of his father had become a leitmotiv, giving him a great capacity for creativity and self-help.  He was a talented man, sometimes aggressive, handling all kinds of devices, and creating new ones in his future professional life as a missionary, the engineer-missionary.

After his theological training in Ngoya, Cameroon, followed by his ordination to the priesthood in the DRC, Honoré went as a missionary to Guatemala, where he was appointed to serve in parish ministry.  He had a good heart and lived very close to his parishioners, both young and old, in his pastoral approach. These stable relations were observed during his hospitalization with some Guatemalan families preparing to visit him in Montreal, Canada. 

After his experience in Guatemala, Honoré accepted another missionary challenge in his home Province of West Kasayi (at the time). He got along very well with the confreres of the Provincial house where he had assumed the duties of Rector. He was later appointed responsible for missionary works. He knew how to tease and tell stories that were sometimes unbelievable, jokes that sometimes bordered on cynicism. This way of doing revealed the real "ka mouse" he had always been. But often, some of his initiatives were also misunderstood. Let us not forget that at the time of his appointment as head of missionary works, the diocesan clergy had ambitions to recover many of these works that belonged to the Congregation. The position was therefore strategic for the Congregation, which saw a decrease of Belgian confreres and an increase of confreres from Grand Kasayi with a growing need to keep some works for the continuation of the mission. During this period, the Province asked him to help out in the missionary animation of youth in Katoka. There was a need for an enthusiastic Congolese animator. Afterward, he was responsible for projects in the area of bridges. It was here that Honoré showed his intelligence, his ability to be a missionary full of initiative, always lucid and full of enthusiasm.

The appointment of Father Leonard Kasanda as Provincial Superior was a historic blessing for Honoré Kapuku. Father Leonard Kasanda had been more supportive of him and encouraged him to make complimentary use of all the talents that were in him. This time was indeed the golden age of his mission in Kasayi. During the difficult period when Laurent Désiré Kabila's AFDL (Alliance of Democratic Forces for the Liberation of Congo) conquered power, he was the confrere on whom everyone could count for the security of the provincial house. Indeed he had good relations with the young people of the Kapanda neighborhood for whom the Scheut fathers were also "their common heritage."

Under the impetus of the Provincial Father Jef Laevens, Honoré accepted a new missionary challenge: to repair the roof of the holy family church. Honoré found himself in the domain of his dreams. We can only say thank you for this gem in the history of our mission in Kasayi. Kapuku wetu tuasakidila (thank you, our Kapuku), the works will speak about you. Tshiela's garage and the various bridges that you have built over several rivers are photocopies of your mechanical intelligence; Tshiela's conference room confirms today your concern to make some spaces units of our self-financing.

After this exciting and joyful period, Honoré has experienced painful moments like any human being. He often said: "Life is already difficult. It is better not to disturb others too much". This saying is what pushed him to retire to the farm in Luandanda to devote himself actively to farm work after receiving specialized training at the Songhai Center in Porto Novo, Republic of Benin. His creative genius was revealed through the manufacture of agricultural tools by upgrading a tower formerly used in Tshilomba by former confreres, the various plantations, the multiform breeding, the development of fish farming, the generation of electric by the construction of small dam units, etc. Honoré was the prototype of the CICM missionary, who could easily be said to have a “brick in his belly”. And in his case, he also had a hammer and iron in the same belly. His zeal for this work had led him to the extreme of becoming almost a "separate person" with sometimes unfortunate consequences in his interpersonal relations.  This situation led the Religious Superiors to appoint him parish priest of the Holy Family Parish.

Sent to Canada for a specific program before having a new pastoral appointment, Honoré was diagnosed with blood cancer (leukemia) from which he never recovered. A witness of the universal brotherhood, Honoré was buried in the middle of a cold winter in Montreal on January 24, 2020, far from his native Kananga. On the eve of this day, the parishioners of Holy Family and friends, both diocesan and religious priests, and their parish priest Jean Claude Kanku organized a vigil worthy of one who loved life "Honorius." On the day of your burial, the Holy Family Parish Community and the confreres thanked you, "Ka Souris," for all that you have been. Rest now in the joy of your Master. ■ 

Jean-Patrice Ngoyi


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Peter Jacobus Clijsters
 (1936-2020)
 Born in Stramproy (NL) on June 25, 1936.
 First vows on September 8, 1957.
 Ordained a priest on July 22, 1962.
 Missionary in Brazil, Belgium,
 England, Rome and the Netherlands
Died in Teteringen (Netherlands) on 7 April 2020 at the age of 83. 


With the unexpected death of Jacques Clijsters, the pilgrimage of a faithful Scheutist and good confrere came to an end.

Jacques was one of the many young people from Stramproy who came to Sparrendaal to begin their priestly formation with the Fathers of Scheut.

I knew Jacques as a classmate for 6 years. He was an assiduous student and a passionate footballer. Before entering the novitiate of Scheut in Nijmegen, Jacques was allowed to take holidays with his family who had emigrated to Brazil. After philosophy in Nijmegen, Jacques was appointed to Rome to study theology.

He was ordained a priest on July 22, 1962 by Bishop Beckers in Vught, together with his Dutch fellow students. After obtaining his licentiate in dogmatic theology, Jacques was appointed professor of theology for our confreres in Leuven. But Jacques was a man of few words, he was not too good at teaching.

Fortunately, he was able to leave quickly for Brazil for one of our missions in Nova Iguaçu. After a few years of experience as vicar, he was appointed parish priest. However, when he returned to Europe for his first leave, he sought another field of apostolate. He was first appointed vicar in Sint-Job-in-'t-Goor, and then in our parish in London, England. The Congregation also called upon him to take on other tasks. Thus, he made himself useful in our CICM Collegio in Rome.

But Brazil still attracted him and after a few years of interruption, Jacques returned to Brazil, his first love. The following years were probably the happiest of his missionary life. With great satisfaction he wholeheartedly in different parishes. When the time came to pass on his missionary work to younger priests, Jacques came to live in our Retirement Home in Schilde so that he could spend his old age in peace.

But he did not appreciate inactivity and continued to look for a place where he could be of service. So, he often went to the Benedictine Sisters of Perpetual Adoration in Tegelen where he felt at home. He spent his last years with the Dutch Scheutists in Teteringen.

He was known for his sober lifestyle. Lately, he was not in the pink of health, but he was never heard to complain.

Human life is a pilgrimage. Besides, we have no fixed abode in this world. We are only passing through on our way to our final destination. This was also the life of Jacques. May he now have arrived safely at his destination, at home with God whom he faithfully served all his life!

And may he rest in peace!

Joep van Gaalen



Avec le décès inopiné de Jacques Clijsters, le pèlerinage d’un fidèle Scheutiste et bon confrère prit fin.


Jacques était l’un de ces nombreux jeunes de Stramproy venus à Sparrendaal pour commencer leur formation sacerdotale chez les pères de Scheut.

J’ai connu Jacques comme compagnon de classe pendant 6 ans. Il était un étudiant assidu et un footballeur passionné. Avant d’entrer au noviciat de Scheut à Nimègue, Jacques fut autorisé à prendre des vacances dans sa famille qui avait émigré au Brésil. Après la philosophie à Nimègue, Jacques fut nommé à Rome pour y étudier la théologie.

Avec ses compagnons d’études hollandais, il fut ordonné prêtre le 22 juillet 1962 par l’évêque Beckers à Vught. Après avoir obtenu sa licence en théologie dogmatique, Jacques fut nommé professeur de théologie pour nos confrères à Louvain. Mais Jacques était un homme de peu de paroles, il n’était pas trop doué pour l’enseignement.

Heureusement, il put rapidement partir au Brésil pour l’une de nos missions à Nova Iguaçu. Après quelques années d’expérience comme vicaire, Il fut nommé curé. Cependant, de retour en Europe pour son premier congé, il chercha un autre champ d’apostolat et ainsi, il fut nommé vicaire à Sint-Job-in-’t-Goor ensuite dans notre paroisse à Londres, en Angleterre. La Congrégation fit aussi appel à lui pour assumer d’autres tâches . Ainsi il se rendit utile dans notre maison d’études (Collegio) à Rome.

Mais le Brésil l’attirait toujours et après quelques années d’interruption, Jacques rejoignit de nouveau le Brésil, son premier amour. Les années suivantes furent probablement les plus heureuses de sa vie missionnaire. Avec beaucoup de satisfaction, il travailla corps et âme dans différentes paroisses. Quand l’heure sonna de remettre son œuvre missionnaire dans les mains de prêtres plus jeunes, Jacques vint habiter dans notre maison de retraite à Schilde pour pouvoir vivre ses vieux jours dans la tranquillité.

Mais il appréciait peu le repos et continua à chercher un endroit où il pouvait rendre service. Ainsi il se rendait souvent chez les Sœurs Bénédictines de l’Adoration Perpétuelle à Tegelen et il s’y sentait chez lui. Il passa ses dernières années avec les Scheutistes hollandais à Teteringen.

Il se fit remarquer par son style de vie sobre. Ces derniers temps, sa santé laissait beaucoup à désirer, mais on ne l’entendait jamais se plaindre.

La vie humaine est un pèlerinage. D’ailleurs, nous n’avons pas de domicile fixe dans ce monde. Nous ne sommes que de passage vers notre destination finale. C’était aussi la vie de Jacques. Puisse-t-il maintenant être arrivé en bon port,  chez lui auprès Dieu qu’il a fidèlement servi toute sa vie !

Et qu’il repose en paix !

Joep van Gaalen

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Gustaaf Rasschaert


(1923-2020)

Born in Wichelen on August 19, 1923

First vows on September 8, 1943.

Ordained priest on August 1, 1948.

Missionary in Congo and Belgium

He died St.-Pieters-Leeuw (B) on March 22, 2020, at the age of 96.

We are grateful to him for what he has been to many.

Father Gustaaf had an inner charm that attracted people and radiated confidence. A natural goodness and modesty brought him close to people. From his childhood, he was attentive to the people in the missions, and after his high school studies in Dendermonde, he made the decision. It was not so easy because his father's butcher shop was also a great challenge.

He was a happy and diligent missionary in northern Congo, for over forty years, at the mission posts of Bokonzi and Libanda. Far from all the cities or important centers, in a swampy area with many rivers and streams, he was able to be a missionary for the poorest villages in the remote areas. On foot, by bicycle or by pirogue, he went to meet his people. He was attentive to the language and culture. If I don't have love, I am nothing," Paul wrote to the Corinthians. That was also his motto. He was concerned about the students of the schools and the catechumens, and so he turned out to be a skilled hunter, out of necessity. The children needed protein and Sunday afternoon was a free time anyway. After lunch he would go with the boys into the forest to hunt. Of course, the catechumens would really love to eat antelope meat.

He loved his people. That's why he could tell, with a lot of pleasure, stories the last years of his life and his experiences in the villages and particularly the hunting trips. He did so, always with a lot of humor and with a broad smile. Then he would sit upright in his armchair and his piercing eyes would sparkle. Until a few days before his death he found some inspiration to write some short poems. Even at difficult moments he could keep the smile. He also always had a lot of attention for the community of the confreres in Congo as well as in Kessel-lo and Zuun.

His heart remained in Congo, but he had to return to Belgium. From 1989, in the community of Zuun, he continued to dedicate himself to the parishes in the neighborhood. Later, in Kessel-lo, he became the "road father of the little basilica," a chapel near our house where the weekend celebrations took place. Almost the whole week he was busy preparing his homily and keeping in touch with the parishioners. There grew a community that had a very good relationship with Father Gustaaf, and some of them remained connected to him.

Everywhere Father Gustaaf worked, he made time for silence and prayer every day. Mother Mary, in her simple service, played a major role in his life. Every day he faithfully prayed his Rosary on his own. He was a man of prayer. He had a good relationship with his family and his many friends.

Father Gustaaf returned home, the place for which he had always lived and worked.

Through his life, God has made his love visible for people. For that we are grateful to Him.

Cyriel Stulens

Gustaaf Rasschaert

(1923-2020)

Né à Wichelen (B) le 19 août 1923

Premiers vœux le 8 septembre 1943.

Ordonné prêtre le 1er août 1948.

Missionnaire au Congo et en Belgique

Décédé à St.-Pieters-Leeuw (B) le 22 mars 2020, à l’âge de 96 ans.

Nous lui sommes reconnaissants pour ce qui il a été pour beaucoup.

Le père Gustaaf avait un charme intérieur qui attirait les gens et rayonnait de confiance. Une bonté et une modestie naturelles l’ont rapproché des gens. Dès son enfance, il a été attentif aux gens en missions, et après ses études secondaires à Termonde, il a pris la décision. Ce n’était pas si facile car la boucherie de son père était aussi un grand défi.

Il était un missionnaire heureux et diligent dans le nord du Congo, pendant plus de quarante ans, aux postes de mission de Bokonzi et de Libanda. Loin de toutes les villes ou centres importants, dans une zone marécageuse avec de nombreuses rivières et ruisseaux, il a pu être missionnaire pour les villages les plus pauvres des régions reculées. A pied, à vélo ou en pirogue, il est allé à la rencontre de son peuple. Il était attentif à la langue et à la culture.

Si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien «, a écrit Paul aux Corinthiens. C’était aussi sa devise. Il était préoccupé par les élèves des écoles et les catéchumènes, et il s’est avéré, par nécessité, être un chasseur qualifié. Les enfants ont besoin de protéines et le dimanche après-midi est un temps libre de toute façon. Après le déjeuner, ils vont dans la forêt, parce que les garçons aiment vraiment la viande d’antilope.

Il aimait son peuple. C’est pourquoi il a pu raconter, avec beaucoup de plaisir, des histoires sur les dernières années de sa vie et ses expériences dans les villages et pendant la chasse. Il le faisait toujours avec beaucoup d’humour et avec un large sourire. Il s’asseyait alors droit dans son fauteuil et ses yeux perçants brillaient. Jusqu’à quelques jours avant sa mort, il a trouvé l’inspiration pour écrire de courts poèmes. Même dans les moments difficiles, il pouvait garder le sourire. Il a également toujours eu beaucoup d’attention pour la communauté des confrères au Congo ainsi qu’à Kessel-Lo et Zuun.

Son cœur est resté au Congo, mais il a dû retourner en Belgique. A partir de 1989, dans la communauté de Zuun, il continue de se consacrer aux paroisses du quartier. Plus tard, à Kessel-Lo, il est devenu le «père de la route de la petite basilique», une chapelle près de notre maison où les célébrations du week-end ont eu lieu. Presque toute la semaine, il était occupé à préparer son homélie et à rester en contact avec les paroissiens. Il y avait une communauté qui avait une très bonne relation avec le père Gustaaf, et certains d’entre eux restaient connectés avec lui.

 Partout où le père Gustaaf a travaillé, il a pris du temps pour le silence et la prière tous les jours. La vierge Marie, dans son service simple, a joué un rôle majeur dans sa vie. Chaque jour, il priait lui-même fidèlement son chapelet. C’était un homme de prière. Il avait de bonnes relations avec sa famille et ses nombreux amis.

Le père Gustaaf est rentré chez lui, l’endroit où il avait toujours vécu et travaillé. Tout au long de sa vie, Dieu a rendu son amour visible pour les gens. Pour cela, nous Lui sommes reconnaissants.■

Cyriel Stulens






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Minoru Kokage (Max Defoux)

(1922-2019)

Né à Namur (B) le 25 août 1922

Premiers vœux le 8 septembre 1941.

Ordonné prêtre le 26 janvier 1947.

Missionnaire en Chine, au Japon, à Rome et en Belgique

Décédé à Nibuno (JP) le 15 décembre 2019, à l’âge de 97 ans.


Max, comme nous l’appelions, est né à Namur, dans une famille de 8 enfants , dont 5 filles et 3 garçons qui sont tous devenus prêtres, un jésuite, un diocésain et lui, Scheutiste ; une de ses sœurs est décédée et les 4 autres sont encore en vie. Max avait des contacts fréquents avec sa famille, surtout avec son frère et un de ses neveux par Skype, il y tenait beaucoup. Même hospitalisé il n’oubliait pas sa famille.

Il est entré en CICM en 1940 et dès ce jour il a commencé sa vie missionnaire.

Après son ordination Il est parti en Chine le 13 décembre 1947. Il m’a souvent parlé de son accident d’avion à l’atterrissage dans un cimetière en arrivant en Chine. Beaucoup d’entre vous le savent mais si certains aimeraient en savoir plus, je serai à leur disposition.

Max n’a pas pu rester longtemps en Chine à cause de la situation politique de ce temps-là. Et ainsi, il est venu au Japon. Il a beaucoup aimé le Japon et a toujours été fier d’avoir pu travailler avec des prêtres diocésains japonais Il a pris très vite la nationalité japonaise, ainsi son nom est devenu Minoru Kokage. Il m’a dit qu’avec la nationalité japonaise il serait plus apte à exercer son travail d’évangélisation. Et justement en ce temps-là les réfugiés d’Indochine arrivaient très nombreux et il a pensé qu’en étant citoyen japonais, il pourrait mieux les aider .

J’aimerais vous parler un peu de ses activités. Max était aumônier à la prison d’Okayama et lors d’une de ses visites en auto, au lieu de freiner il a appuyé sur l’accélérateur et a défoncé la porte de la prison. De ce fait, nous le taquinions en disant qu’il était un grand libérateur des prisonniers. Comme missionnaire il a travaillé au nord du Japon à l’Abbaye de Hakodate et aussi au Sud à l’Abbaye de Imari . Il a toujours partagé la vie des Trappistines. Il a aussi travaillé dans les paroisses de Himeji, Kakogawa, Shukugawa, Sakai, Okayama, Yonago, et Tamasato de Kagoshima .

Il y a un peu plus de 10 ans qu’il est membre de la Résidence, notre maison de repos, où très vite il y a été très actif. Pour éviter au facteur de descendre de sa moto, il allait à sa rencontre pour prendre le courrier. Pour cela, la Poste lui a offert un cadeau.

Tous les mercredis il allait acheter un pain à un boulanger ambulant pour l’aider à écouler sa marchandise. Chaque jour il aimait se promener et tout près de chez nous, il voyait les nouvelles maisons et à son retour il nous disait que c’était une nouvelle opportunité d’évangélisation.

En voyant un bébé, il a pris le petit pied en main et lui a dit“ tu as vraiment un pied de missionnaire”.  Même pour un bébé il a été missionnaire.

A la Résidence il a toujours préparé le petit déjeuner pour nous et même quand il a eu besoin d’une canne, il a continué à le faire. Max a toujours continué à rendre des petits services.

Il aimait beaucoup les religieuses, les Sœurs franciscaines de l’hôpital et les sœurs de la Présentation. Il m’a souvent dit qu’il fallait les aider autant que possible. Jusqu’à la fin il a continué à entendre les confessions des religieuses et à assurer à son tour la messe du matin jusqu’à son hospitalisation.

Hospitalisé il n’oubliait jamais de faire une petite croix au front des personnes qui venaient le voir. Au personnel de l’hôpital il disait de ne pas trop s’occuper de lui mais d’aller plutôt soigner les autres. Jusqu’à la fin il a pensé aux autres plus qu’à lui-même.

A travers beaucoup de petites choses il a été missionnaire jusqu’à la fin de sa vie , c’est ce que j’ai ressenti.

Maintenant confions Max au Seigneur. Qu’il y trouve le repos éternel . (...).

Max m’a laissé un message à vous transmettre à l’occasion de ses funérailles

Je suis reconnaissant pour tous les appels du Seigneur jusqu’à ce dernier. J’ai un seul regret de ne pas avoir assez répondu à ces appels, j’en demande pardon. Je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous avez fait pour moi et je vous demande pardon pour mon manque de charité. Je vous quitte dans l’espoir de vous revoir un jour .

François Mouchet


Minoru Kokage (Max Defoux)

(1922-2019)

Born in Namur (B) on August 25, 1922

First vows on September 8, 1941.

Ordained priest on January 26, 1947.

Missionary in China, Japan, Rome and Belgium

He died in Nibuno (JP) on December 15, 2019, at the age of 97.

Max, as we used to call him, was born in Namur, in a family of 8 children, five girls and three boys. All the boys became priests: a Jesuit, a diocesan, and a CICM. One sister has already died, and the other four are still alive. Max had frequent contact via Skype with his family, especially with his brother and one of his nephews he cared very much. Even when he was hospitalized, he did not forget his family.

He joined CICM in 1940, and from that day onwards, he began his missionary life. After his ordination, he left for China on December 13, 1947. He often told me about his plane crash landing in a cemetery when arriving in China.

Many of you know about this incident, but if some would like to know more, I will be available to tell the tale. Max could not stay long in China because of the political situation at that time. And so, he came to Japan. He really liked Japan and was always proud to have been able to work with Japanese diocesan priests. He quickly acquired Japanese nationality, so his name became Minoru Kokage.  He told me that by having Japanese citizenship, he would be better able to carry out his work of evangelization. And precisely at that time, a large number of refugees arrived from Indochina, and he thought that by being a Japanese citizen, he could better help them.

I would like to tell you a little bit about his activities. Max was a chaplain at Okayama prison, and during one of his visits while driving a car, instead of braking, he pressed the accelerator and smashed the door of the prison. We used this and teased him, saying that he was a great liberator of prisoners. As a missionary, he worked in northern Japan at Hakodate Abbey and also in the south at Imari Abbey. He always shared the life of the Trappistines. He also served in many churches in various places such as Himeji, Kakogawa, Shukugawa, Sakai, Okayama, Yonago, and Kagoshima's Tamazato.

He has been a member of the Residence, our retirement home, for just over ten years. Indeed, he was very active. To prevent the postman from getting off his motorcycle, he went to meet him to take the packages. The Post office offered him a gift for that. Every Wednesday, he would buy bread from a street baker to help him dispose of his goods. Every day he liked to walk around the neighborhood. When he saw the new houses, he told us that it was a new opportunity for evangelization. When he saw a baby, he would touch the small foot with his hand and tell the baby: "You really have the foot of a missionary". Even for a baby, he was a missionary. At the Residence, he always prepared breakfast for us, and even when he had to walk with a cane, he continued to do so.  Max still continued to render small services.

He was very fond of the nuns, the Franciscan Sisters of the Hospital and the Sisters of the Presentation. He often told me that we should help them as much as possible. Until the end, he continued to hear the confessions of the nuns and, in turn, to ensure morning mass until he was hospitalized.

While he was in the hospital, he never forgot to make a small sign of the cross on the forehead of the people who came to see him.  He told the hospital staff not to take care of him too much but to go and treat others. Until the end, he thought of others more than of himself. Through many little things, he was a missionary until the end of his life, that's what I felt. Now let us entrust Max to the Lord. May he find eternal repose. (...).

Below is the message of thanksgiving he wrote for his funeral.
I am grateful for all of the Lord’s calls to me. I only regret not having answered these calls enough, and I beg your pardon. I am grateful for all that you have done for me, and I am sorry for my lack of charity. I am leaving you in the hope of seeing you again one day.


François Mouchet



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Eugeen Van Ackere


(1939-2019)

Born in (B) Waregem on 9 August 1939

First vows on September 8, 1961.

Ordained priest on August 7, 1966.

Missionary in the Philippines

He died in  Baguio City (RP) on October 1, 2019, at the age of 80.



Below is the sharing of Mr. Ignaas Demyttenaere (former CICM confrere and classmate of Eugeen) during the funeral Mass for Fr. Eugeen.

About a month ago, on September 9, the night before Fr. Eugeen left Belgium to come back to the Philippines, one of his sisters put this letter in his room. I translated it for you on this occasion:

To our very good brother Eugeen: Dear Eugeen,

We have started the last stage of our pilgrimage here on earth. And the homestretch is the hardest part of the race. Peter was told: ―When you were young, you used to dress yourself and walk wherever you wanted, but when you are old, you will stretch out your hands, and another will dress you and carry you where you do not want to go. For Peter the endgame was the cross. For us the cross will be different. But the only thing that is of importance is Jesus and to be ready to meet him. What we mean for Jesus is all what matters and it matters for eternity. We hope Jesus will look on us with a loving smile and receive us in mercy and kindness.

Dear Eugeen, see you again whether down here on earth or up there. May God bless and protect you. We all love you so much.

My dear friends, I am sharing this short letter, full of love, to help us better understand where Eugeen’s inspiration came from. The source of his faith in Jesus was his FAMILY, who was not spared from setbacks. Their mother died at the birth of their eighth child and so his father had to take care of a family with eight children. And yes, his family planted the seed of faith, which was not an abstract one, not a belief in doctrines, rules, and protocols, but a faith which was ―Jesus in action.

Eugeen’s teacher in elementary school influenced his life remarkably through the Chiro youth movement. This movement aims to inspire the youth to care for one another, to be true friends and real leaders. During those years, Chiro became his life; it fired his faith in action and created lasting friendships that would sustain him during his whole life. In the Chiro he was a leader par excellence. Eugeen has always been a leader, he could make others believe in what he believed himself. Through his leadership charm, he inspired the people he met to be people of service. He wanted them to be missionaries.

At the end of his high school Eugeen met a CICM priest who came back from a troubled Congo. And here his CICM story started. He would enter the CICM and that would define the rest of his life. In 1966 he was ordained a priest, because he wanted to continue to serve people as a priest-missionary, to be a witness of missionary service, not of clerical or cultic prieshood.

After arriving in the Philippines in 1967, the Superiors assigned him to one of the most geographically demanding places: Natonin, Mt. Province. In those days there were no roads going there. But to bring God’s kingdom to some of the most challenging missions, Eugeen always wanted to make the impossible possible through his missionary charisma. His missionary magic worked because his God was not a God of limitations and restrictions but a God of liberation and opportunities.

What was Eugeen’s missionary charisma?

Eugeen believed in friendship as the foundation of God’s presence. He treated the people he worked with as friends, not servants. He was an unconditional mediator as he would never refuse anything to connect or reconnect people with God. Eugeen was a man of short sermons and talks, a man of sincerity. He would tell me: “If you want to say too much, you usually say nothing.” He stood for justice and gave preference to the well-being of the marginalized, the poor, the sick, and persons with disabilities. He put his talents at the service of others. Eugeen was a handyman, he always had a workshop where he could repair anything, for better or for worse. Yet, he always refused praises during his life. He would say: “Keep that for my funeral”. Well, Eugeen, here we are.

To end this tribute to a dear friend and companion, I will tell you a known secret: Eugeen’s impossible dream: to defy the laws of gravity by creating a perpetuum mobile, an everlasting motion. Every day he was tinkering about a new way of doing the impossible. That was the symbol of his life. Now he is defying the laws of nature and went to meet what he sought to reach throughout his life: the perpetuum mobile: the eternally living God.

Mr. Ignaas Demyttenaere

Eugeen Van Ackere

(1939-2019)

Né à Waregem (B) le 9 août 1939

Premiers vœux le 8 septembre 1961.

Ordonné prêtre le 7 août 1966.

Missionnaire aux Philippines

Décédé à Baguio City (RP) le 1er octobre 2019, à l’âge de 80 ans.


Ci-dessous, le partage de M. Ignaas Demyttenaere (Ex CICM et camarade de classe de Eugeen) pendant la messe des funérailles du Père Eugeen.

Il y a environ un mois, le 9 septembre dernier, la nuit précédant le départ du Père Eugeen de Belgique pour revenir aux Philippines, une de ses sœurs a mis cette lettre dans sa chambre. Je l’ai traduite pour vous à cette occasion :

À notre très bon frère Eugeen:

Cher Eugeen,

Nous avons entamé la dernière étape de notre pèlerinage ici sur terre. Et la dernière ligne droite est la partie la plus difficile de la course. On a dit à Pierre : -Quand tu étais jeune, tu t’habillais et tu allais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre t’habillera et t’amènera là où tu ne veux pas aller.  Pour Pierre, la fin du jeu était la croix. Pour nous, la croix sera différente. Mais la seule chose qui compte, c’est Jésus et d’être prêt à le rencontrer. Ce que nous voulons dire pour Jésus, c’est tout ce qui compte et c’est important pour l’éternité. Nous espérons que Jésus nous regardera avec un sourire plein d’amour et nous recevra avec miséricorde et gentillesse.

Cher Eugeen, à bientôt, que ce soit ici sur terre ou là-haut. Que Dieu te bénisse et te protège.

Nous t’aimons tous tellement.

Mes chers amis,

Je partage cette courte lettre, pleine d’amour, pour nous aider à mieux comprendre d’où vient l’inspiration d’Eugeen. La source de sa foi en Jésus était sa famille, qui n’a pas été épargnée par les revers. Sa mère est morte à la naissance de leur huitième enfant et son père a donc dû s’occuper d’une famille de huit enfants. Et oui, sa famille a planté la graine de la foi qui n’était pas une foi abstraite, pas une croyance en des doctrines, des règles et des protocoles, mais une foi qui était Jésus en action.

Le professeur d’Eugeen à l’école primaire a influencé sa vie de façon remarquable par le biais du mouvement de jeunesse , Chiro. Ce mouvement vise à inspirer les jeunes à prendre soin les uns des autres, à être de vrais amis et de vrais leaders. Pendant ces années, le Chiro est devenu sa vie ; il a mis sa foi en action et a créé des amitiés durables qui l’ont soutenu toute sa vie. Au sein du Chiro, il était un leader par excellence. Eugeen a toujours été un leader, il pouvait faire croire aux autres ce qu’il croyait. Grâce à sa magie de leader, il a inspiré les gens qu’il a rencontrés à devenir des personnes de service. Il voulait qu’ils soient des missionnaires.

A la fin de son lycée, Eugeen a rencontré un prêtre CICM qui revenait du Congo. Et c’est là que son histoire avec CICM a commencé. Il allait entrer dans la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie et cela allait définir le reste de sa vie. En 1966, il a été ordonné prêtre, car il voulait continuer à servir les gens en tant que prêtre missionnaire, être un témoin du service missionnaire, et non du cléricalisme ou du protocole.

Après son arrivée aux Philippines en 1967, les Supérieurs l’ont affecté à l’un des endroits les plus exigeants physiquement : Natonin, dans le Mountain Province. À l’époque, il n’y avait pas de routes pour y aller. Mais pour apporter le règne de Dieu dans certaines des missions les plus difficiles, Eugeen a toujours voulu rendre l’impossible possible grâce à sa magie missionnaire. Sa magie missionnaire a fonctionné parce que son Dieu n’était pas un Dieu de limitations et de restrictions, mais un Dieu de libération et d’opportunités.

Quelle était la magie missionnaire d’Eugeen ?

Eugeen croyait en l’amitié comme fondement de la présence de Dieu. Il traitait les gens avec lesquels il travaillait comme des amis, et non comme des serviteurs. Il était un médiateur sans condition car il ne refusait jamais rien pour connecter ou reconnecter les gens avec Dieu. Eugeen était un homme de sermons et de causeries courts, un homme de sincérité : il me disait : -si tu veux en dire trop, tu ne dis rien d’habitude. Il défendait la justice et donnait la préférence au bien-être des marginalisés : Les pauvres, les malades, les personnes handicapées. Il a mis ses talents au service des autres. Eugeen était un homme à tout faire, il avait toujours un atelier où il pouvait tout réparer, pour le meilleur ou pour le pire. Pourtant, il a toujours refusé les louanges au cours de sa vie. Il disait : Gardez ça pour mes funérailles. Eh bien, Eugeen, nous y voilà.

Pour terminer cet hommage à un ami et compagnon cher, je vais vous révéler un secret connu : le rêve impossible d’Eugeen : défier les lois de la gravité en créant un perpetuum mobile : un mouvement éternel. Chaque jour, il bricolait une nouvelle façon de faire l’impossible. C’était le symbole de sa vie. Aujourd’hui, il défie les lois de la nature et est allé à la rencontre de ce qu’il a cherché à atteindre tout au long de sa vie : le perpetuum mobile : le Dieu éternellement vivant.           

M. Ignaas Demyttenaere








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