
Ferdinand Marcos, cicm
« 止まれ ! » —Arrête !
止まれ (Tomare) est l'un des signes les plus reconnaissables au Japon. Sa signification littérale est simple : arrêtez immédiatement. On peut le voir à presque chaque coin de rue, ordonnant aux conducteurs et aux piétons de s'arrêter pour des raisons de sécurité.
Cependant, ce mot ne se limite pas à un simple panneau de signalisation. « 止まれ ! » dégage un sentiment d'urgence et de discipline. Cela exige attention, vigilance et prudence. C'est ferme mais pas implacable : cela nous rappelle qu'avancer sans faire de halte peut avoir des conséquences graves.
Pour moi, l'idée de « Tomare » apparaît ainsi aussi dans les petites routines quotidiennes de la vie. Dans l'école de langues que je fréquente, les cours se terminent à 13h10. À 13h05, je prépare déjà mon sac, ainsi quand l'horloge sonne à 13h10, je peux partir en vitesse. Mes camarades plaisantent souvent en me voyant toujours pressé. Je réponds en plaisantant : « Parce que je vis à Himeji. Je dois attraper mon train! » Et c'est vrai ; presque tous les jours, je dois courir pour attraper le train de 13h30.
Un après-midi, cependant, le monde entier sembla s’allier pour mettre ma patience à l'épreuve. Notre Sensei (professeur) nous a libérés en retard, alors Nicolas et moi avons dû courir vers la gare. Au premier passage, le feu est devenu rouge, et nous avons attendu avec anxiété. « Ça ira quand même. On peut y arriver », nous disions-nous. Mais au passage suivant, la même chose s'est produite. Le temps filait, et nous courions de plus en plus vite.
Enfin, nous avons sauté sur le quai, essoufflés, et avons réussi à monter juste au moment où les portes du train se refermaient. Soulagés, nous nous sommes effondrés sur nos sièges. Je prends généralement cette balade d'une heure comme une sieste, laissant mon cerveau épuisé récupérer des suites du cours intense. Alors, je me suis laissé tomber.
À mi-chemin de mon sommeil, Nicolas m'a secoué. « Il y a un problème. Ces stations me semblent inconnues. » Il avait raison. Nous étions dans le mauvais train. Immédiatement, je me suis bien réveillé. Notre trajet habituel dure un peu plus d'une heure, mais près de deux heures s'étaient déjà écoulées, et Himeji était introuvable. La panique est montée car, à cette époque, notre connaissance du japonais était encore si mauvaise que nous pouvions à peine lire les panneaux. Par miracle (et en faisant quelques suppositions au hasard), nous sommes descendus à une gare, où nous avons changé de train, et avons pu rentrer sains et saufs à Himeji.
Avec le recul, cela a ressemblé à un mini-pèlerinage, mais avec plus de sueur et de confusion que de sainteté. Ce jour-là, « Tomare » a pris un nouveau sens pour moi. Parfois, la vie nous oblige à nous arrêter — pas seulement aux feux rouges, mais aussi dans nos habitudes et routines.
Une année au Japon m'a changé, surtout dans ma façon d'accorder de la valeur au temps. Aux Philippines, j'étais presque toujours en retard. Mes formateurs me réprimandaient souvent parce que je manquais la prière du matin, parce que je ne pouvais pas me lever tôt. Même au réveil, je prenais quelques minutes de plus allongé dans mon lit, me convainquant que j'avais besoin d'une « préparation intérieure ». Avant même de m'en rendre compte, j'avais déjà dix minutes de retard.
Mais ici au Japon, j'ai dû laisser cette attitude de côté. Jusqu'à présent, je n'ai pas été en retard, pas une seule fois. Mes formateurs chez moi peuvent être fiers. Enfin, j'ai suivi leurs conseils (en riant aux éclats). Au début, il était difficile de suivre le rythme de vie japonais, mais j'ai dû m'adapter. Ici, le temps vaut autant que l'eau que nous buvons.
La vie au Japon n'a pas seulement consisté en l'apprentissage de la langue ou de prendre des trains ; Il a fallu aussi m'adapter à une culture à la fois belle et, parfois, stimulante. En tant que personne qui a naturellement du mal à engager des conversations, j'ai vite compris que se faire des amis ici ne serait pas facile. Les Japonais sont généralement gentils et polis, mais ils ne font généralement pas non plus le premier pas. Combiné à la barrière de la langue, cela a rendu mes débuts solitaires et calmes.
Mais je me le rappelle sans cesse : ce n'est pas grave. L'amitié, tout comme l'apprentissage des langues, est un processus. Je n'ai qu'à être patient.
La vie missionnaire ici a aussi son lot d'épreuves. Au Japon, les catholiques sont une petite minorité. Parfois, on a l'impression que nous ne sommes que quelques voix dans une foule immense. Mais c'est précisément pour cela que la mission est si importante : tendre la main, écouter et marcher aux côtés des gens, même s'ils ne partagent pas notre foi. Il ne s'agit pas de chiffres ; Il s'agit de présence.
Et donc, je continue d'apprendre chaque jour. Courir quand je dois, mais aussi m'arrêter quand j'en ai besoin. Valoriser le temps, mais aussi en donner. M'adapter à une culture qui n'est pas la mienne tout en partageant l'amour qui m'a amené ici.
Chaque fois que je me sens dépassé ou trop absorbé par les exigences de la vie, je reviens au mot « Tomare ». S’arrêter. Pause. Respirer. Au final, « Tomare » n'est plus seulement un panneau rouge que je vois dans les rues japonaises. C'est le petit rappel de Dieu pour moi — parfois de ralentir, parfois de regarder autour de moi, et parfois de rire de moi-même quand je me retrouve encore dans le mauvais train.







