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    Ceux qui nous ont quittés

    Henri Debruyne

    Henri Debruyne

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    Frederic Vital Mees smallHenri Debruyne (1945-2020)

     

    Né à Veurne (Belgique), le 14 janvier 1945
    Premiers vœux le 8 septembre 1965
    Ordonné prêtre le 13 février 1971
    Missionnaire au Congo, au Cameroun, à Rome et en Belgique.
    Décédé à Bruxelles (Belgique) le 9 avril 2020 à l’âge de 75 ans.

     

    Je connais Henri depuis plus de cinquante ans. Et durant ces cinquante années, nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises, jusqu’au jour où je l’ai conduit à la Clinique Saint-Jean pour son dernier voyage. Lorsque nous sommes arrivés au triage du coronavirus, son état était critique. Les infirmiers ont immédiatement apporté un brancard. Pendant qu’ils l’emmenaient, il m’a encore fait un petit salut de la main. C’est ainsi qu’il a pris congé de nous.

    J’ai rencontré Henri pour la première fois en 1967 à Jambes. Nous avons fait ensemble la théologie au grand Séminaire de Namur. Dès le début, il s’est révélé à nous comme quelqu’un qui savait tirer le meilleur profit de ses talents comme de ses limitations. En effet, suite à une opération au pied, il n’a jamais pratiqué de sport ni d’exercice physique et est resté toute sa vie plutôt sédentaire, mais cela ne l’a pas empêché de mettre ses talents au service de la mission, surtout dans l’enseignement biblique, le secrétariat et l’administration financière.

    Henri était un confrère plein de talents, doué pour les langues et amoureux de la précision. Il avait un sens aigu de la synthèse. Il était discret, ordonné et méthodique, qualités qu’il a su mettre à profit dans ses différentes fonctions. Il avait aussi un caractère bien tranché et il ne manquait pas d’exprimer son opinion lorsqu’il n’était pas d’accord ou contrarié. Mais sous une écorce parfois un peu rude se cachait un cœur accueillant et toujours disponible. Au séminaire, Henri nous intriguait, car il ne prenait presque pas de notes ; souvent il s’occupait de tout autre chose pendant les cours, ce qui ne l’empêchait pas de suivre attentivement ce qui se disait et de réussir sans problème. Nous avions surtout de bons professeurs d’exégèse qu’Henri appréciait particulièrement : le Chanoine Marcel Didier, nos confrères Paul Van Parijs et André Boudart. C’étaient de loin les meilleurs cours. Nul doute que son intérêt pour l’Écriture sainte s’est éveillé pendant ces années de séminaire. Car la Parole de Dieu deviendra le fil rouge de sa vie.

    Henri m’a deux fois agréablement surpris. Une première fois, c’était à Jambes. Je travaillais alors comme étudiant pendant les vacances dans un hôtel à la côte. Les patrons m’avaient demandé si je pouvais trouver parmi mes connaissances quelqu’un pour un job à l’hôtel. Je l’ai proposé à Henri sans trop y croire, et à ma grande surprise, il a accepté et m’a rejoint. Ce n’était pas tellement son genre, mais j’ai alors compris qu’il était prêt à sortir des sentiers battus et relever des défis inconnus.

    La deuxième fois, ce fut en 1994. A Rome nous étions à la recherche d’un candidat Économe général. J’ai aussitôt pensé à Henri, bien que ce ne fût pas évident. Il avait étudié l’exégèse et donnait cours à Ngoya. Il aimait enseigner et ses cours étaient appréciés de ses étudiants. Mais j’étais convaincu qu’il était le meilleur candidat et je lui ai proposé cette tâche ; je m’attendais à de la résistance, à des objections. A ma grande surprise, Henri a accepté sans hésiter. Qui aurait pu croire qu’exégèse et finances faisaient bon ménage ? En 1994 un changement pour le moins inattendu se produit donc dans sa vie : de professeur d’exégèse, il devient Économe général, tâche qu’il assumera avec compétence pendant 12 ans. Sa maîtrise des langues, son esprit méthodique, son sens de la discrétion et sa participation à de nombreuses Commissions financières l’y avaient préparé.

    Les dernières années, lorsque de sérieux ennuis de santé l’avaient rendu moins mobile, il a continué à servir dans l’ombre de son bureau, traduisant ou corrigeant des textes avec un sens inné de la précision sans doute aiguisé lors de ses études d’exégèse. Nous pouvions aussi bénéficier de ses mots d’introduction et de ses homélies à l’occasion des messes journalières et dominicales. Ses commentaires étaient toujours basés sur une connaissance vivante de l’Écriture sainte.

    Les derniers mois de sa vie furent marqués par un combat serein contre un cancer revenu soudain à la charge. Il a néanmoins continué à assurer les traductions de textes, tâche qu’il a exercée avec fidélité jusqu’au jour de son transfert à l’hôpital. Affaibli par le combat contre son cancer, il a été emporté par la tourmente du Coronavirus. Partout où Henri est passé, il a laissé le souvenir d’un confrère sur qui l’on pouvait compter pour des tâches bien faites. Il était disponible pour servir là où c’était nécessaire. On pouvait aussi compter sur sa discrétion. Il avait le souci du devoir accompli, mais ne s’en vantait pas. En d’autres mots, ce qu’on peut attendre d’un bon et fidèle Scheutiste. ■

    par Jacques Thomas

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