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    Ceux qui nous ont quittés

    Bernard M.R. Masson

    Bernard M.R. Masson

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    Bernard M.R. Masson

    Bernard M.R. Masson (1945-2024)

    Né à Blankenberge
    le 13 décembre 1945.
    Vœux religieux le 8 septembre 1965.
    Ordonné prêtre le 8 décembre 1978.
    Missionnaire au Brésil et au Mexique.
    Décédé à Nova Iguaçu (Brésil),
    le 16 décembre 2024,
    à l'âge de 79 ans.

     

    La vie de Bernard est l'histoire d'un missionnaire. Sa vie devait être 100 % missionnaire : Vivre, mourir et être enterré dans le pays où il était missionnaire, parmi son peuple et ses collaborateurs.

    Bernard est né à Blankenberge, au bord de la mer. Ses tantes y avaient un hôtel et un restaurant. Il a eu toute sa vie une amour privilégié pour la mer et la plage. « Un moment de pause dans le travail » pour lui au Brésil, c'était aller à la mer et à la plage. Et puis se payer un bon repas.

    Il a étudié au collège de Roulers et est arrivé à Scheut en 1964. Tout a commencé au noviciat à Sint-Pieters-Leeuw (Zuun). Bernard a étudié la philosophie à Nimègue (Pays-Bas) et la théologie à Louvain. Il a obtenu un master en missiologie, avec comme thèse : « La Conférence épiscopale latino-américaine de Medellín ».

    Début 1973, nous étions prêts pour partir au Brésil. Nous sommes arrivés à Rio de Janeiro, fin janvier 1973. Ensemble, nous avons fait l'école de langue à Rio de Janeiro. Ensemble, c'est-à-dire Bernard, Jan Demyttenaere, Julien Vandevoorde, Jules Chanterie et moi-même. Puis Carlito Cenzon, un Philippin, nous a rejoints. Volta Redonda, à 100 km de Rio de Janeiro, a été notre première paroisse, où Fernand Vandenabeele était curé. Un temps de stage, pour entrer dans la réalité du Brésil. C'est là que Bernard a également été ordonné prêtre le 8 décembre 1978 par Dom Waldyr. Volta Redonda était une belle ville, qui vivait d'une usine sidérurgique, offerte par les Américains en remerciement de la coopération des soldats brésiliens pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Mais nous attendions avec impatience de pouvoir affronter un défi encore plus grand. Et en 1979, nous sommes allés vers le nord, en Amazonie, dans les diocèses de Marabá et de Bragança, dans l'État du Pará. Ce furent les meilleures années de notre vie. Le gouvernement brésilien avait construit la route « Transamazonica » et invitait les familles qui voulaient un terrain à aller y travailler. Partir de zéro, planter et semer, cueillir les produits nécessaires pour soutenir la famille. C'était agréable de participer à cet effort, et de voir grandir et progresser les familles. Participer et faire partie de ce progrès était enthousiasmant.

    Je voudrais encore ajouter un mot à propos de la thèse de Bernard à la Faculté de théologie de Louvain : « La Conférence épiscopale latino-américaine de Medellín ». Medellín, une ville de Colombie, où s'est déroulée la première rencontre des évêques d'Amérique latine, dans le but de concrétiser le message du Concile Vatican II à la réalité de l'Amérique latine. La première réunion a eu lieu à Medellín, la deuxième à Puebla (Mexique), la troisième à Saint-Domingue (République dominicaine) et la quatrième à Aparecida (Brésil). C'est cet esprit de renouveau qui nous a inspirés. Reconnaître Jésus dans le visage des petites gens : les Indiens, les Afro-Latino-Américains, les petits agriculteurs, les enfants, les malades. Rassembler les gens dans de petites communautés, appelées communautés de base, où ils sont responsables du bon déroulement des choses, à la fois dans l'église, la catéchèse, la préparation au baptême, les réunions de prière, mais aussi dans la vie quotidienne : par exemple, construire un baraquement pour une famille dont la maison a brûlé, visiter les malades et voir s'il leur manque quelque chose, démarrer une école dans les zones éloignées de l’Amazonie. Avec leurs moyens bien limités, mais en respectant ainsi leur dignité. Tel fut le travail de Bernard. Il l'a fait dans la zone PA 70. Au km 66 et au km 92, ils avaient une maison, et les Sœurs ICM également. Ils allaient à l'intérieur des terres pour rendre visite aux familles et les rassembler. Bernard connaissait la sœur américaine Dorothy Stang, qui sera assassinée plus tard à cause de son travail avec ces petits agriculteurs.

    Bernard a également passé trois ans au Mexique, au séminaire CICM pour les étudiants en théologie, qui étaient destinés à la mission en Amérique latine. Ensuite il a été également curé de la paroisse d'Itaguai, dans un nouveau diocèse proche de Rio de Janeiro. Plus tard, il a fondé une nouvelle paroisse à Marapicu – une partie de Nova Iguaçu – dans de nouveaux quartiers, organisés ou spontanés, là où les gens trouvaient un terrain pour construire une maison. Sa dernière paroisse fut Saint-Élie, à Mesquita.

    On demanda à Bernard d’accepter la responsabilité de recteur d’une maison de Scheut en Belgique, mais il préféra retourner au Brésil. Il voulait rester à la Maison centrale, avec Roy Joseph Shea, avec qui il avait travaillé dans le Nord. Ils étaient de bons amis et voulaient passer leur « vieillesse » ensemble. Roy est décédé l'an dernier, en novembre, et Bernard en décembre.

    Bernard était un chercheur, un idéaliste mais en même temps réaliste : construire l’avenir avec son peuple, avec la participation de tous. Rendre la vie meilleure. Il n'aimait pas parler en public, mais il aimait être parmi les gens. Avec eux il était chez lui, simplement heureux. Vous pouvez le voir sur les photos. Il a partagé avec les gens les beaux jours, mais aussi les jours sombres et difficiles. Être simplement présent était très important pour lui.

    Bernard, nous sommes fiers de toi,

    tu étais une vraie présence de l'amour de Dieu.

    Merci pour tout, pour nous tu resteras  vivant en nous avec beaucoup de beaux souvenirs.

                                                                                                  - Gaby Gheysens