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    Histoire et Héritage

    Commémoration du martyre du Père Amand Heirman

    Commémoration du martyre du Père Amand Heirman

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    (Il s'agit de l'homélie prononcée lors de l'Eucharistie à l'église Saint-Martin de Berlare, en Belgique, le 10 août 2025, en commémoration du martyre du père Amand Heirman, CICM. L'homélie a été prononcée par M. Harry De Paepe, historien et membre de l'équipe liturgique. Monsieur l’AbbeéMaarten Pijnakker a présidé l'Eucharistie.)

    Introduction à la célébration de la Sainte Messe

    Notre présence ici est une preuve de notre attachement au Père Amand Heirman CICM, décédé il y a 125 ans, le 13 août, dans son poste de mission en Mongolie. Il est important que nous soyons rassemblés ici pour exprimer notre foi en Dieu auteur de toute vie. Selon notre point de vue humain, la mort a brutalement triomphé, mais les chrétiens croient que la mort n'a pas le dernier mot. Dans cette foi, le cierge pascal allumé est le symbole de notre foi en la victoire de la lumière sur les ténèbres. Dans cette foi nous nous sommes rassemblés au nom du Père, du Fils et de l'Esprit Saint.

    Chers paroissiens,

    Aujourd'hui, nous commémorons le martyre du Père Amand Heirman, citoyen de Berlare. Il est mort le 13 août 1900, en même temps que son confrère le Père Jan Mallet. Le groupe liturgique de notre paroisse a composé la brochure qui décrit la vie et l'œuvre du père Heirman. Il raconte également le contexte dans lequel le père est mort, ainsi que huit autres pères du Cœur Immaculé de Marie, les Pères de Scheut. La brochure nous décrit brièvement la guerre de l'opium et la rébellion des Boxers dans l'Empire chinois en ces années 1900. Vous pouvez obtenir cette brochure dès aujourd'hui. Nous vous demandons simplement une petite contribution financière.

    Nous avons pris l'initiative de commémorer le martyre du père Heirman, parce que le père a été une figure particulière. Et, bien sûr, parce qu’il était un des nôtres. Un concitoyen. Les nombreux membres de sa famille dans notre église aujourd'hui en sont la preuve.

    Saint Paul nous disait dans la première lecture : « C'est par la foi qu'Abraham a répondu à l'appel de Dieu... Il est parti sans savoir où (...) » C'est dans la foi qu'ils sont tous morts (...) 

    Hier, un membre de la famille du père Amand Heirman a apporté à l’église une liasse de lettres personnelles, écrites par le père à sa famille. Elles sont exposées sur l'autel de Marie. Il nous expliquait l'enthousiasme du Père que révèlent ces lettres. Le père Heirman écrivait à sa famille qu’ils ne devraient pas être tristes de son départ pour un pays lointain et inconnu. Il était transfiguré par sa vocation, animé par un feu, que nous, chrétiens modernes vivant dans le confort à Berlare, ne connaissons peut-être plus et n’apprécions peut-être pas. Sa conviction peut nous gêner, non pas à cause de ce qu'il croyait, mais à cause de notre propre peu de foi. Les lettres sont actuellement étudiées plus profondément par un membre de la famille et je n'ai donc pas encore eu la chance de découvrir leur contenu. 

    Vous pouvez constater que le Père Maarten et notre sacristain Noël sont aujourd'hui vêtus de rouge. Le rouge est une couleur particulière dans la liturgie catholique. Il orne nos églises le jour de la fête de la Pentecôte, le dimanche des Rameaux, lors de la confirmation et lors de la commémoration des martyrs de l'Église. Le rouge ne représente pas la honte, mais le feu du Saint-Esprit, l'amour ardent pour Dieu et le sacrifice ultime que les martyrs ont fait parce que « enthousiasmé » dans leur foi. 

    Il y a seize ans, Cyriel De Bruyne, président du Cercle historique de Berlare, traduisait les lettres d'un contemporain et confrère du Père Heirman : le Père Frans Van Den Abbeele, également de Berlare. Ces lettres décrivent l’ardente conviction qui animait les missionnaires de Scheut qui acceptaient de partir en mission en Extrême-Orient. Le père Van Den Abbeele employait même le mot : « C'est une joie ». Et cela à propos d'un pays avec lequel des fils d'agriculteurs flamands n'avaient aucun lien. Il y décrit aussi les jours de solitude, les températures descendant jusqu'à -35°C dans les plaines mongoles, et parfois l’obligation de dormir dehors. Un autre contemporain et missionnaire, Monseigneur Bermijn, en a témoigné dans une autre lettre : « Ce n'est pas rien. On s'enveloppe dans une peau de bête, on noue une autre autour des pieds, on met un grand bonnet sur la tête et on ronfle comme un musicien. Le matin, la barbe est remplie de glaçons comme les toits de paille. Ensuite, on fait un bon feu de bouses de vache, que l'on a déjà préparé la veille, on se réchauffe, la barbe dégèle, on boit un thé chaud et on redevient un homme frais et dispo pour le voyage ».

    En 1898, le père Heirman écrit dans un rapport officiel envoyé aux responsables de Scheut : « Une soudaine rafale de pluie m'a forcé à me réfugier dans une auberge païenne. À peine assis, une foule de curieux afflua. Fatigué, je n'éprouvais guère le désir de parler, mais après quelques bols de thé, j’ai repris des forces. Il aurait été dommage de manquer une si belle occasion d'offrir à ces pauvres gens quelques paroles aimables de salutation. » Il précise que, de fait, les Européens étaient considérés comme des « barbares et des imbéciles ». Mais après une longue conversation sur la foi, il écrit fièrement : « Les bonnes personnes m'ont donné raison en tout (...) Ils se sont déclarés prêts à construire une église tout de suite, si je leur promettais de revenir bientôt pour les enseigner davantage. Les rapports envoyés par les scheutistes montrent combien la foi s'est immédiatement enracinée profondément chez ces nouveaux chrétiens du lointain Orient. Amandus Heirman, fils d'un fermier de Berlare, devait avoir une force de persuasion remarquable.

    Le 4 août 1900, il écrivait à ses supérieurs : « Nous sommes encore en vie, mais chaque jour nous nous préparons à la mort, surtout maintenant que l'administration civile a décidé d'expulser tous les Européens. » Les pères se sont retrouvés mêlés dans la révolte violente contre la présence européenne en Chine, lors de la tristement célèbre rébellion des Boxers. Comme nous l'avons mentionné, vous pourrez en savoir plus à ce sujet dans la brochure que nous vous proposons aujourd'hui.

    Peu de temps après cette lettre, le père Heirman et son confrère, le père Mallet, ont été invités à se rendre à la cour de Ning-iuen, à trois heures de marche du poste de mission de Mallet. Le représentant le plus important du gouvernement de cette région, le Grand Mandarin de la Ville Bleue, voulait leur parler. Certains prétendent qu'on leur a dit qu'une personne malade devait être visitée. Sous escorte militaire, ils quittèrent leurs postes, assis sur une simple charrette en bois. Le 13 août 1900, ils arrivèrent dans la Ville Bleue. Avant même d'atteindre le palais du Grand Mandarin, les Boxers entourèrent leur charrette. Ils furent assassinés de sang-froid.


    CHRO 4 2025 P151

     

    « Ils sont morts dans la foi. »

    Le Saint Évangile nous enseigne aujourd'hui : « Veillez, car c’est à l'heure où vous ne vous y attendez pas, que le Fils de l'homme viendra. » Le père Heirman et son confrère ont été surpris par la mort, mais ils s'y étaient préparés, si l'on se fie aux lettres du père Van Den Abbeele. Comme le fait remarquer Cyriel De Bruyne dans son analyse des textes : « Ces hommes ne manquaient certainement pas du sens de l'aventure, mais ils étaient sans aucun doute animés d'une foi particulièrement forte en leur récompense après la mort. »

    Berlare possède ainsi son propre martyr

    Il y a plus de cent ans, les supérieurs à Rome ont ouvert un dossier pour la béatification du père Heirman, avec huit autres scheutistes qui ont été assassinés de façon horrible au cours de cette rébellion des Boxers. A l'heure actuelle, le dossier est resté sans suite.

    Le Saint Évangile dit : « Gardez la ceinture attachée à vos reins et vos lampes allumées. Comportez-vous comme des gens qui attendent la venue de leur Seigneur, qui revient de noces, pour Lui ouvrir immédiatement lorsqu’il viendra ». 

    Pour notre paroisse, c'est une certitude : le Seigneur a ouvert sa porte au Père Heirman depuis longtemps. 

    Amen.


    CHRO 4 2025 P153

    Cœur immaculé de Marie

    Ô Cœur immaculé de Marie, plein de bonté, montre-nous ton amour.

    Que ton cœur brille d'amour pour Jésus et pour nous.

    Conduis-nous sur les chemins de la bonté

    et aide-nous à suivre ton exemple. Amen.